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PRÉFACE
Il est heureux que, grâce à Marie-Louise Bauchot et Albert Pras, nous
disposions enfin d’un ouvrage permettant l’identification aisée et sûre
des poissons peuplant les mers et les océans de l’ouest européen.
De tous temps les hommes s’intéressèrent aux poissons pour d’évidentes raisons. Ces vertébrés constituent une abondante source d’aliments succulents et relativement faciles à collecter. Dès le paléolithique,
on façonna des hameçons en pierre, en os ou en coquillage, on tressa des
filets et des nasses, comme en témoignent quelques peintures rupestres.
Depuis cette époque lointaine, l’ingéniosité du prédateur humain ne connaît pas de bornes.
Mais bien d’autres causes motivent notre intérêt pour les animaux le
plus étroitement adaptés au milieu aquatique. La connaissance de leur
identité fut l’objet d’efforts répétés. Très tôt on essaya d’en faire l’inventaire : Aristote dénombre plus d’une centaine d’espèces, Pline tout
autant et Ausone décrit avec précision les plus notables d’entre eux.
Plus près de nous, au XVIe siècle, Rondelet les figure et traite savamment de leurs mœurs.
La diversité de leurs formes et de leurs couleurs avait depuis longtemps frappé. Les créatures étranges ne manquent pas, même parmi
notre faune autochtone pourtant moins prodigue en bizarreries que celle
des tropiques. La simple réalité ne suffit toutefois jamais aux hommes
qui ajoutèrent une longue série d’animaux mythiques et de monstres aux
espèces réelles. Les sirènes ne sont que les mieux connus de tous ceux
qui sortirent de l’imagination des marins, stimulée par la peur, le goût de
la mystification ou quelque boisson forte.
Revenons aux choses sérieuses. Les hommes de notre époque ont pris
passion pour la nature et la mer fait partie de leurs préoccupations.
Beaucoup d’estivants et de sportifs s-’intéressent à d’autres activités que
le bronzage ou la « planche à voile ». La pêche et l’observation des poissons leur révèlent une faune bien diversifiée, inconnue d’eux jusqu’ici.
Certains plongent au sein des profondeurs, dans le royaume de créatures
certes dépourvues des parures des tropiques, néanmoins riches de
formes, de grâce et de couleurs. D’autres encore vivent des ressources de
la mer, celles qui prendront demain une importance accrue dans l’alimentation des hommes, si toutefois nous nous gardons de les dévaster
par des prélèvements excessifs ou par de scandaleuses pollutions.
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