LES FANTAISIES DU HOU HOP
de nous jeter à l’eau. Nous nageons plus vite que nous ne
l’avons jamais fait en direction de la côte.
Le lendemain, calmé, je réfléchis. A condition de rester
raisonnablement prudent et surtout très attentif, le danger est
minime. Je persuade mes amis que nous devons prendre des
photographies du monstre. Ils me regardent bizarrement,
comme des individus sains d’esprit considèrent un candidat à
l’asile. Mais la passion de l’aventure est plus forte : ils
acceptent. Du reste, ils savent que, si nous plongeons à quatre,
le requin aura affaire à forte partie.
Je charge mon boîtier Foca. Nous appâtons et nous nous
immergeons. Je photographie toutes sortes de poissons : le
requin ne vient pas. Lorsqu’il paraît enfin, après s’être fait
désirer pendant deux heures, il ne consent à nous montrer que
le bout de sa queue. De loin...
Je suis déçu.
J’ignore encore que, sur la Calypso, en dépit des moyens
techniques et de l’entraînement des hommes, l’image que nous
aurons le plus souvent des grandes créatures de la mer
(requins, dauphins, baleines) sera précisément celle de leur
queue.
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