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Le fleuve vert
Sarah Bernhardt • Rendez-vous à Iquitos
Les Jivaros et les Matis • Catcha la loutre
L’or, le mercure et le feu.
Nous voici à Manaus, la capitale de l’Amazonie brésilienne, au confluent de l’Amazone (que les Brésiliens, avant ce
point, nomment rio Solimoes) et du rio Negro. Lorsque ces
deux géants liquides marient leurs eaux, le mélange est long à
s’accomplir : plus de quatre-vingts kilomètres... Nous plongeons sur cette curieuse limite : au nord, les eaux acides, dites
« noires », du rio Negro (elles sont, en vérité, chocolat, ou
Coca-Cola; leur teinte et leur acidité sont dues à l’humus
décomposé qu’elles transportent). Au sud, les eaux « blanches » (en réalité : grises) du rio Solimoes, chargées de
particules terreuses que le fleuve arrache à la cordillère des
Andes.
Manaus, ville champignon, a poussé en quelques années,
lors de la ruée vers le caoutchouc de la fin du siècle dernier.
Des fortunes prodigieuses s’y sont faites : les récolteurs de
latex (les seringueiros) partaient dans la forêt saigner les troncs
des hévéas. Ils récoltaient les larmes de lait des arbres dans de
358
Le fleuve vert
Sarah Bernhardt • Rendez-vous à Iquitos
Les Jivaros et les Matis • Catcha la loutre
L’or, le mercure et le feu.
Nous voici à Manaus, la capitale de l’Amazonie brésilienne, au confluent de l’Amazone (que les Brésiliens, avant ce
point, nomment rio Solimoes) et du rio Negro. Lorsque ces
deux géants liquides marient leurs eaux, le mélange est long à
s’accomplir : plus de quatre-vingts kilomètres... Nous plongeons sur cette curieuse limite : au nord, les eaux acides, dites
« noires », du rio Negro (elles sont, en vérité, chocolat, ou
Coca-Cola; leur teinte et leur acidité sont dues à l’humus
décomposé qu’elles transportent). Au sud, les eaux « blanches » (en réalité : grises) du rio Solimoes, chargées de
particules terreuses que le fleuve arrache à la cordillère des
Andes.
Manaus, ville champignon, a poussé en quelques années,
lors de la ruée vers le caoutchouc de la fin du siècle dernier.
Des fortunes prodigieuses s’y sont faites : les récolteurs de
latex (les seringueiros) partaient dans la forêt saigner les troncs
des hévéas. Ils récoltaient les larmes de lait des arbres dans de
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