CAPITAINE DE LA CALYPSO
ques qui me plaît. J’aime les épaves, je l’ai dit. Elles ont pour
moi le mystère des choses anciennes. Elles sont enveloppées
d’autant de drames que d’eau. Je n’en explore aucune sans une
intense émotion. Quand on est marin, on imagine forcément
qu’un jour ou l’autre on pourrait être victime d’un naufrage
Il m’est arrivé de songer que la Calypso coule, et que, dans
cinquante ou cent ans, des plongeurs la visitent. Je les vois
d’ici longer la coursive colonisée par des mérous, pénétrer par
la porte de la passerelle et se mettre à la barre, ou encore se
faufiler dans le local de plongée et étudier les bouteilles
marquées « Falco »...
En Grèce, pour les épaves, je suis servi. Nous passons le
canal de Corinthe. Nous embarquons du matériel et des vivres
dans le port de Zéa, une annexe du Pirée. Nous empruntons le
chenal de Kéa, puis le canal Evvoïkos, qui sépare l’île Eubée
de l’Attique. Nous naviguons au nord de l’île d’Eubée, non
loin du cap Artémision, où fut découverte, en 1925, une épave
antique qui contenait un Poséidon de bronze, avec son char et
ses chevaux. Tout n’a pas été renfloué, de ce trésor. Nous
espérons dégager ne serait-ce qu’un sabot de cheval... Nous
mettons en marche notre nouveau sondeur perfectionné — le
sonar a balayage latéral, inventé par le professeur Harold
E. Edgerton. Grâce à cet appareil, nous obtenons un profil
précis du fond sur une largeur de cinq cents mètres.
Mais le plancher de la mer se compose de vase, et nous
n’avons guère de chance de trouver quoi que ce soit. Nous
plongeons par acquit de conscience. Je descends en soucoupe
Nous réussissons à mettre au jour un pot de bronze antique et
quelques pièces de moindre importance, que nous offrons avec
solennité à notre archéologue attaché : le professeur Kharalambos Kritzas.
Nous repartons vers Le Pirée, puis le golfe de Corinthe.
Nous allons fouiller la baie de Pylos, à l’ouest du Péloponnèse.
C’est là que, en 1827, fit rage un combat naval qui opposa les
flottes unies de la France, de l’Angleterre et de la Russie d’un
côté, à celles de la Turquie et de l’Egypte de l’autre. A cette
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ques qui me plaît. J’aime les épaves, je l’ai dit. Elles ont pour
moi le mystère des choses anciennes. Elles sont enveloppées
d’autant de drames que d’eau. Je n’en explore aucune sans une
intense émotion. Quand on est marin, on imagine forcément
qu’un jour ou l’autre on pourrait être victime d’un naufrage
Il m’est arrivé de songer que la Calypso coule, et que, dans
cinquante ou cent ans, des plongeurs la visitent. Je les vois
d’ici longer la coursive colonisée par des mérous, pénétrer par
la porte de la passerelle et se mettre à la barre, ou encore se
faufiler dans le local de plongée et étudier les bouteilles
marquées « Falco »...
En Grèce, pour les épaves, je suis servi. Nous passons le
canal de Corinthe. Nous embarquons du matériel et des vivres
dans le port de Zéa, une annexe du Pirée. Nous empruntons le
chenal de Kéa, puis le canal Evvoïkos, qui sépare l’île Eubée
de l’Attique. Nous naviguons au nord de l’île d’Eubée, non
loin du cap Artémision, où fut découverte, en 1925, une épave
antique qui contenait un Poséidon de bronze, avec son char et
ses chevaux. Tout n’a pas été renfloué, de ce trésor. Nous
espérons dégager ne serait-ce qu’un sabot de cheval... Nous
mettons en marche notre nouveau sondeur perfectionné — le
sonar a balayage latéral, inventé par le professeur Harold
E. Edgerton. Grâce à cet appareil, nous obtenons un profil
précis du fond sur une largeur de cinq cents mètres.
Mais le plancher de la mer se compose de vase, et nous
n’avons guère de chance de trouver quoi que ce soit. Nous
plongeons par acquit de conscience. Je descends en soucoupe
Nous réussissons à mettre au jour un pot de bronze antique et
quelques pièces de moindre importance, que nous offrons avec
solennité à notre archéologue attaché : le professeur Kharalambos Kritzas.
Nous repartons vers Le Pirée, puis le golfe de Corinthe.
Nous allons fouiller la baie de Pylos, à l’ouest du Péloponnèse.
C’est là que, en 1827, fit rage un combat naval qui opposa les
flottes unies de la France, de l’Angleterre et de la Russie d’un
côté, à celles de la Turquie et de l’Egypte de l’autre. A cette
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