24
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
à la fois l’organique et l'inorganique : botanique, sociologie, biologie, médecine, agriculture, élevage, sylviculture, démographie et enfin dans notre
cas particulier, l'exploitation rationnelle des eaux continentales.
Le défaut de connaissances écologiques suffisantes nous conduit à prendre
parfois des décisions malheureuses. La déclaration de guerre au brochet,
au siècle dernier, considéré à tort comme le « requin des eaux douces » en
est un bon exemple. Sur le plan de l’élevage, la déclaration de guerre au
coyotte par les éleveurs de moutons des États-Unis en est un exemple plus
significatif encore :
« Accusant les coyottes de leur dérober de nombreux agneaux, les éleveurs de
telle partie du nouveau monde leur déclarèrent la guerre. La disparition de ces soidisant indésirables n’était pas plutôt acquise que les prairies étaient tondues à ras
par les lapins, mulots, campagnols et autres rongeurs qui se multipliaient sans frein.
Les éleveurs arrêtèrent alors leur destruction de coyottes et se lancèrent dans une
campagne d’empoisonnement des rongeurs. Revenus d’alentours les coyottes recommencèrent à se multiplier en paix, mais ne trouvant plus leur nourriture naturelle, les
rongeurs, en quantité suffisante, ils furent contraints de changer de régime et de se
nourrir aux dépens des agneaux!!! »
Clarke, 1954, p. 19.
Plans et programmes de mise en valeur de toutes natures ne manquent
pas en ce milieu du xxe siècle. Des capitaux immenses sont consacrés à leur
réalisation. Combien conduiront aux résultats escomptés? Combien ne
donneront rien ? Combien conduiront aux résultats inverses comme le programme de destruction des coyottes du Nouveau Monde? Cela dépendra
des progrès réalisés en écologie par les scientifiques et de la façon dont techniciens et administrateurs sauront les utiliser.
Comme toute science l'écologie a dû se forger un arsenal de termes techniques pour désigner des « concepts » nouveaux. Nous en avons dans cet
ouvrage réduit le nombre au minimum (voir index pour le renvoi à leur
définition). Certains, se rattachant plus ou moins directement à la notion
même de l’écologie, méritent d’être ici définis, avant d’aller plus loin :
Espèce. — Collection d’individus ayant des caractères analogues transmissibles par hérédité.
Population. — Collection d’individus d’une même espèce ou de plusieurs espèces voisines formant un « tout » dans une ambiance donnée.
Communauté. — Ensemble de diverses populations animales et végétales peuplant un habitat déterminé.
Ambiance ou environnement. — Totalité des facteurs organiques ou
inorganiques qui entourent un individu particulier, ou un groupe d’individus.
L’ambiance comprend donc tous les individus de la même espèce ou des
autres espèces qui entourent ceux à l’étude, ainsi que les facteurs physiques
de 1 habitat. On distingue souvent en conséquence l’ambiance organique ou
biotique et l'ambiance inorganique ou physique.
Précédent

- 50/752

Suivant