POPULATIONS A FAVORISER. REPEUPLEMENTS
qui ont pu être chiffrées, montre cependant que les repeuplements par œufs
embryonnés, bien conduits (l), sont susceptibles de donner des résultats très
supérieurs à ceux de White :
(1) Au Maroc un petit lac de barrage naturellement peuplé ainsi que son
tributaire de truites arc-en-ciel Salmo gairdnen et d'ombles de fontaine Salvehnus lontinalis, donne à la vidange, en truites communes Salmo trutta
fario de 9 mois, 4 pour cent du nombre d’œufs immergés dans le tributaire,
La population de truites communes de 9 mois du tributaire est alors estimée
de son côté à 11 pour cent.
(2) En 1952, aux États-Unis, le Dr Dwigt A. Webster, de Cornell University, cherche intentionnellement à contrôler les possibilités d'emploi des
boîtes Vibert dans les plus mauvaises conditions possibles. Il s'adressa pour
cela à une population de saumons de lac, d’un petit lac des Adirontacks, qui
frayait dans l’émissaire du lac. Cette population restait très faible parce que
les œufs étaient presque tous étouffés dans les gravières de l’émissaire, sujet
à un envasement très important. 10 à 25 000 œufs provenant de ponte naturelle produisaient tout juste quelques individus qui remontaient dans le lac
l’année d’après, pour poursuivre leur croissance. En 1952. le Dr Webster
immergea dans ces gravières 4 boîtes contenant chacune 250 œufs. Un contrôle au printemps 1952 révéla 6 œufs morts seulement, mais montra que
2 places d’enfouissement avaient été tellement colmatées par le sable qu’il
était douteux que les alevins produits aient pu en émerger. En juin 1953, le
comptage des jeunes saumons d’un an accomplissant leur migration au lac
lit ressortir un rendement de 8 pour cent par rapport au nombre d’œufs.
Résultat des plus intéressants (most pleasing) conclut le Dr Webster ( ). *
(3) Dans le département du Gers, en France, la Grande et la Petite Baise,
le Gers, l’Arrats, la Gesse et la Save, ne contenaient pas de truites, même
dans leurs cours supérieurs peuplés de vandoises, chevaines et chabots. La
Fédération de Pèche tente de les acclimater au moyen des boites Vibert, en
nombre d’ailleurs réduit : 15 en 1952, 50 en 1953 et 100 en 1954. A l’heure
actuelle ces rivières ont à leur amont un peuplement en truites fort acceptable
et dès 1954 on a pu enregistrer des captures de sujets dépassant le kilogramme
(1,2 kilogramme).
Ne retenant que la faiblesse des rendements obtenus par Write, nombre
de chercheurs se sont peut-être trop vite désintéressés de ces repeuplements
par œufs ou alevins. Ils ont alors porté toute leur attention sur les repeuplements en sujets plus âgés... qui ne leur ont pas toujours apporté beaucoup
plus de satisfaction.
Il nous faut reconnaître à l’heure actuelle que théoriquement ce sont les
sujets de ces repeuplements (surtout par œufs) qui subiront le moins de
(1) Parmi les publications sur les possibilités d’utilisation des boites d’alevinage en
plastique et leurs résultats pour les repeuplements par œufs signalons : \im»T
Stuart (1953), Pezon (1955), et Sommam (1955 et 195").
(2)
Communication personnelle.
Précédent

- 470/752

Suivant