POPULATIONS A FAVORISER. REPEUPLEMENTS
425
formules aux rivières déjà peuplées en truites, sous réserve d'un facteur de
correction relatif au taux de « dépeuplement », ne paraît plus licite. Supposons que le peuplement normal d’une rivière ait été éclairci à 50 pour cent
par une pêche intensive ou une pollution. Devons-nous faire subir au résultat
de la formule un abattement de 50 pour cent pour tenir compte du stock
encore existant ? Devons-nous ne faire subir aucune modification au résultat
de la formule, ou même lui appliquer une majoration, pour tenir compte non
seulement de la prédation qui sera exercée par le peuplement restant, mais
encore de son action compétitrice en matière de nourriture et surtout d'abris
contre le courant (10.042) ? Nous n’en savons rien.
Faute de mieux, administrateurs, aménagistes et pêcheurs auront encore
à se référer à ces formules pour l’établissement de programmes de repeuplements ou l’évaluation de dommages. Qu’ils n’oublient pas cependant que
ces formules ne gardent leur valeur que pour le peuplement d’eaux vierges.
10.04. Repeuplement en truites et saumons ( * )
La pisciculture et les repeuplements en truites et saumons ont donné lieu
à des espoirs exagérés (10.1). Cela non seulement du fait de l’insuflisance de
nos connaissances écologiques en général, mais encore et surtout du fait des
idées préconçues qui s’étaient implantées : soi-disant extrême faiblesse
du taux de fertilisation lors de la reproduction naturelle, soi-disant intense
destruction des œufs et alevins dans les frayères par les larves vivant dans
les graviers (Day, 1887 ; Armistead, 1898 ; Mosely, 192G).
11 serait évidemment souhaitable que l'étude comparative du rendement des
repeuplements artificiels et de la reproduction naturelle puisse être présentée,
pour chaque espèce, suivant des diagrammes de survie englobant la totalité
du cycle vital. Pour désirable qu'il soit, un tel procédé reste encore à l’heure
actuelle en dehors des possibilités. De telles études n’ont encore été poursuivies, pour diverses espèces, qu’à l’intérieur d’une phase plus ou moins longue
de leur cycle vital. Sous peine d’extrapolations inconsidérées les résultats résumés ici ne peuvent donc être présentés que dans le cadre des phases des
cycles vitaux dans lesquelles ont été conduites les études s’y rapportant.
10.040. Taux de fécondation et mécanisme de la fraye
On sait que par la pratique de la fécondation sèche on peut obtenir en
pisciculture pour des œufs de truites et de saumons un taux de fécondation
de près de 100 pour cent. L’observation de la très courte survie des spermatozoïdes dans l’eau (quelques dizaines de secondes) conduisit par ailleurs un
peu rapidement à la conclusion que, dans la reproduction naturelle, d devait
y avoir un énorme déchet par non fertilisation. Non fertilisation, qui, à elle
seule, justifiait pensait-on la généralisation de la capture des géniteurs
sauvages pour les féconder artificiellement, et remettre ensuite les alevins
(1) Y compris les ombles, en particulier : Salvelinus fontinalis, baptisé trop souvent à tort
« saumon de fontaine ».
Vibebt et Laglkr. — Pèches continentales.
1
425
formules aux rivières déjà peuplées en truites, sous réserve d'un facteur de
correction relatif au taux de « dépeuplement », ne paraît plus licite. Supposons que le peuplement normal d’une rivière ait été éclairci à 50 pour cent
par une pêche intensive ou une pollution. Devons-nous faire subir au résultat
de la formule un abattement de 50 pour cent pour tenir compte du stock
encore existant ? Devons-nous ne faire subir aucune modification au résultat
de la formule, ou même lui appliquer une majoration, pour tenir compte non
seulement de la prédation qui sera exercée par le peuplement restant, mais
encore de son action compétitrice en matière de nourriture et surtout d'abris
contre le courant (10.042) ? Nous n’en savons rien.
Faute de mieux, administrateurs, aménagistes et pêcheurs auront encore
à se référer à ces formules pour l’établissement de programmes de repeuplements ou l’évaluation de dommages. Qu’ils n’oublient pas cependant que
ces formules ne gardent leur valeur que pour le peuplement d’eaux vierges.
10.04. Repeuplement en truites et saumons ( * )
La pisciculture et les repeuplements en truites et saumons ont donné lieu
à des espoirs exagérés (10.1). Cela non seulement du fait de l’insuflisance de
nos connaissances écologiques en général, mais encore et surtout du fait des
idées préconçues qui s’étaient implantées : soi-disant extrême faiblesse
du taux de fertilisation lors de la reproduction naturelle, soi-disant intense
destruction des œufs et alevins dans les frayères par les larves vivant dans
les graviers (Day, 1887 ; Armistead, 1898 ; Mosely, 192G).
11 serait évidemment souhaitable que l'étude comparative du rendement des
repeuplements artificiels et de la reproduction naturelle puisse être présentée,
pour chaque espèce, suivant des diagrammes de survie englobant la totalité
du cycle vital. Pour désirable qu'il soit, un tel procédé reste encore à l’heure
actuelle en dehors des possibilités. De telles études n’ont encore été poursuivies, pour diverses espèces, qu’à l’intérieur d’une phase plus ou moins longue
de leur cycle vital. Sous peine d’extrapolations inconsidérées les résultats résumés ici ne peuvent donc être présentés que dans le cadre des phases des
cycles vitaux dans lesquelles ont été conduites les études s’y rapportant.
10.040. Taux de fécondation et mécanisme de la fraye
On sait que par la pratique de la fécondation sèche on peut obtenir en
pisciculture pour des œufs de truites et de saumons un taux de fécondation
de près de 100 pour cent. L’observation de la très courte survie des spermatozoïdes dans l’eau (quelques dizaines de secondes) conduisit par ailleurs un
peu rapidement à la conclusion que, dans la reproduction naturelle, d devait
y avoir un énorme déchet par non fertilisation. Non fertilisation, qui, à elle
seule, justifiait pensait-on la généralisation de la capture des géniteurs
sauvages pour les féconder artificiellement, et remettre ensuite les alevins
(1) Y compris les ombles, en particulier : Salvelinus fontinalis, baptisé trop souvent à tort
« saumon de fontaine ».
Vibebt et Laglkr. — Pèches continentales.
1
