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PÊCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
colloïdale est répandue en surface ; celle-ci précipite avec elle les alevins
morts (infectés de bactéries, ces alevins sont probablement porteurs en surface
d'une charge électrique négative, alors que les micelles d’argile colloïdale sont
porteuses d’une charge positive). Dans le fond des jarres les alevins morts se
trouvent petit à petit recouverts d’argile dans laquelle leur vitesse de décomposition est environ cent fois plus lente. L’usage de la terre poreuse pour la
confection des récipients destinés aux transports s’est révélé supérieur à
tout autre matériau, du fait de l’abaissement de la température que provoque
l’évaporation de l’eau au travers des parois (Basu, 1952).
En Chine, pour des transports par fer ou par mer de plusieurs jours, on
emploie des cuves de bois (ou de bambous) pouvant avoir jusqu’à deux mètres
de haut et autant de diamètre, et contenant jusqu’à 50 000 poissons de
quatre à cinq centimètres (les petits alevins supporteraient difficilement un
voyage de ce genre). Les surveillants doivent agiter la surface de l’eau presqu’en permanence. S’ils connaissent bien leur métier, ils arrivent à ne pas
avoir plus de 40 pour cent de mortalité au bout de 6 à 7 jours (Lin, 1949).
En Europe, la pisciculture se développa principalement durant le
xviie siècle, la salmoniculture n’y débuta comme aux États-Unis que dans
la deuxième moitié du xixe siècle. Les transports se firent au moyen de
tonneaux, de cuves puis de bidons en tôle galvanisée ou en zinc. Ces récipients
doivent être d’autant plus petits qu’ils doivent être transportés sur des sentiers
de moins en moins praticables. C’est ainsi que pour les repeuplements de
Salmonidés en montagne on fut amené à faire des bidons se portant à dos
comme un sac tyrolien. Les densités de chargement de tels containers sont
extrêmement variables ; elles dépendent de la température, de la durée du
transport, de l’espèce de poisson transportée, de l’âge et de l’état sanitaire de
ces poissons, de la qualité de l’eau, du temps qu’il fait, etc. Le résultat est
que le rapport entre le poids de poisson à transporter et le poids de l’eau
nécessaire au transport varie dans d’énormes proportions : 1/200 à 1/1. En
fait chaque expéditeur arrive à établir son propre barème en fonction des
caractéristiques particulières des expéditions qu’il effectue normalement. Le
tableau de chargement ci-contre de Schaeperclaus, déjà reproduit dans le
traité de pisciculture de Huet (1952) n’est donc donné qu’à titre indicatif.
Lorsque le transport est fait à l’aide de bidons ou de tonneaux, il y a
intérêt à ne pas remplir ces derniers complètement. Mieux vaut laisser un
vide suffisant au-dessus de l’eau, pour qu’avec les secousses du transport
celle-ci puisse aller de droite et de gauche en surface et s’aérer en retombant.
Une excellente pratique consiste à suspendre tout nourrissage la veille de
l'expédition, de façon à réduire les causes de pollutions dues aux excréments
des poissons. Pour de jeunes poissons qui ne peuvent supporter de jeûne
prolongé, cette précaution n’est évidemment valable que pour les transports
qui ne dépassent pas une journée, ce qui est d’ailleurs le cas général. L’addition
de charbon de bois activé a par ailleurs l’avantage de réduire notablement
les risques d'intoxication dus à l’accumulation des excréments.
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