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PÊCHES CONTINENTALES. PRINCIPES D’AMÉNAGEMENT
9.82. Dégénérescences. Maladies héréditaires
et tératologiques
Les dégénérescences, ne serait-ce que celles consécutives à la sénilité,
sont représentées chez les poissons comme chez les autres organismes. Dans
un aménagement idéal, les poissons devraient être exploités avant que leurs
aliments ne soient plus utilisés qu’à des fins d’entretien (6.130), c’est-à-dire
avant leur période de vieillesse. Certaines maladies ont un caractère héréditaire, telles les modifications de la pigmentation, diverses tumeurs et
cancers (Gordon, 1957). Les monstruosités tératologiques sont surtout
représentées par des malformations du squelette ou des écailles inversées
(Lagler, 1956).
9.83. Utilisation des maladies
contre les espèces envahissantes
Après études approfondies, la lutte biologique, ou contamination d’une
espèce envahissante par un parasite, a été employée à grande échelle pour
tenter d’enrayer les invasions d’insectes nuisibles. Elle a connu un magnifique
succès tant aux États-Unis qu’en France, au Portugal, en Italie, Nouvelle
Zélande, Afrique du Sud, Syrie, Égypte et îles Hawaï : le contrôle efficace
d’une cochenille des arbres fruitiers, Ylcerya purchasi, par l’acclimatation
dans ces pays, d’une coccinelle, Novius cardinalis, son parasite spécifique
en Australie.
Pouvons-nous, forts de ce magnifique précédent, nous lancer dès à présent
dans la destruction des espèces de poissons envahissantes et nuisibles, en
cherchant à leur inoculer une maladie infectieuse ? Pour répondre à pareille
question, il est bon de réaliser au préalable quelles sont les limites et les
dangers de la lutte biologique.
On parle toujours de la victoire de Novius cardinalis sur Icerya purchasi.,
avec raison d’ailleurs, car c’est l’exemple du succès complet. La lutte biologique a néanmoins été menée contre quantité d’espèces d’insectes, en particulier contre les criquets. Les résultats ont été, en général, partiels ou négatifs.
Lorsque la lutte est entreprise contre une invasion déjà en état de moindre
résistance, parce qu’elle commence à manquer de nourriture, elle réussit.
Lorsqu’elle est entreprise contre une invasion d’insectes encore en pleine
forme physique, elle échoue le plus souvent.
Pour ne pas courir de graves dangers avec la lutte biologique, il faudrait
être certain que le parasite à introduire est bien uniquement spécifique de
l'espèce à détruire, et qu’il ne risque pas de passer sur une autre espèce estimée. Il y aurait donc lieu de choisir des maladies connues comme spécifiques
de l'espèce à détruire, et non pas des maladies connues comme polyvalentes,
ou se développant sur plusieurs espèces. La difficulté dans ce problème, c’est
que si un parasite monovalent évolue en polyvalent il sera ensuite classé
PÊCHES CONTINENTALES. PRINCIPES D’AMÉNAGEMENT
9.82. Dégénérescences. Maladies héréditaires
et tératologiques
Les dégénérescences, ne serait-ce que celles consécutives à la sénilité,
sont représentées chez les poissons comme chez les autres organismes. Dans
un aménagement idéal, les poissons devraient être exploités avant que leurs
aliments ne soient plus utilisés qu’à des fins d’entretien (6.130), c’est-à-dire
avant leur période de vieillesse. Certaines maladies ont un caractère héréditaire, telles les modifications de la pigmentation, diverses tumeurs et
cancers (Gordon, 1957). Les monstruosités tératologiques sont surtout
représentées par des malformations du squelette ou des écailles inversées
(Lagler, 1956).
9.83. Utilisation des maladies
contre les espèces envahissantes
Après études approfondies, la lutte biologique, ou contamination d’une
espèce envahissante par un parasite, a été employée à grande échelle pour
tenter d’enrayer les invasions d’insectes nuisibles. Elle a connu un magnifique
succès tant aux États-Unis qu’en France, au Portugal, en Italie, Nouvelle
Zélande, Afrique du Sud, Syrie, Égypte et îles Hawaï : le contrôle efficace
d’une cochenille des arbres fruitiers, Ylcerya purchasi, par l’acclimatation
dans ces pays, d’une coccinelle, Novius cardinalis, son parasite spécifique
en Australie.
Pouvons-nous, forts de ce magnifique précédent, nous lancer dès à présent
dans la destruction des espèces de poissons envahissantes et nuisibles, en
cherchant à leur inoculer une maladie infectieuse ? Pour répondre à pareille
question, il est bon de réaliser au préalable quelles sont les limites et les
dangers de la lutte biologique.
On parle toujours de la victoire de Novius cardinalis sur Icerya purchasi.,
avec raison d’ailleurs, car c’est l’exemple du succès complet. La lutte biologique a néanmoins été menée contre quantité d’espèces d’insectes, en particulier contre les criquets. Les résultats ont été, en général, partiels ou négatifs.
Lorsque la lutte est entreprise contre une invasion déjà en état de moindre
résistance, parce qu’elle commence à manquer de nourriture, elle réussit.
Lorsqu’elle est entreprise contre une invasion d’insectes encore en pleine
forme physique, elle échoue le plus souvent.
Pour ne pas courir de graves dangers avec la lutte biologique, il faudrait
être certain que le parasite à introduire est bien uniquement spécifique de
l'espèce à détruire, et qu’il ne risque pas de passer sur une autre espèce estimée. Il y aurait donc lieu de choisir des maladies connues comme spécifiques
de l'espèce à détruire, et non pas des maladies connues comme polyvalentes,
ou se développant sur plusieurs espèces. La difficulté dans ce problème, c’est
que si un parasite monovalent évolue en polyvalent il sera ensuite classé
