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PÊCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
comme un climax hydrique. Si elle est à prévoir dans le cadre des générations
humaines, on ne peut plus parler que de quasi climax hydrique qui s’intercale
dans les sères intermédiaires. Suivront ensuite un stade de sénescence
hydrique, des sères intermédiaires terrestres, puis le vrai climax climatique
terrestre.
Sous des conditions climatiques extrêmes, du fait de la latitude ou de
l’altitude, les espèces pionniers n’auront pas à céder la place aux espèces
caractérisant les séries suivantes. Ces dernières ne sont pas assez rustiques
pour prendre pied dans un habitat restant indéfiniment hostile. Il n’y a pas
alors de succession (7.302,2), les espèces pionniers n’ont pas de concurrent
pour leur disputer leur domaine. Sur ce dernier ils n’ont par ailleurs qu’une
réaction faible. C’est le climat qui est le facteur dominant, imposant son faciès
à tout l’écosystème.
Sous les climats tempérés ou chauds, où rien n’entrave le phénomène de
succession, le climat perd en général de son influence prépondérante au fur
et à mesure de l’évolution, et cette prépondérance peut passer aux végétaux,
voire aux animaux et aux poissons pour les écosystèmes aquatiques. C’est
ainsi que les poissons végétariens ou fouilleurs, telle la carpe, en éliminant la
végétation ou en augmentant la turbidité, peuvent imposer à certains plans
d’eau leur faciès (Gahn, 1929 ; Ricker, 1932 ; Cléments et Shelford, 1939).
7.41. Lacs
Tout comme pour les eaux courantes un climat arctique peut bloquer
l’évolution des lacs au stade premier des espèces colonisatrices et dominer le
faciès d’un écosystème (7.302,2). Il en est de même pour les écosystèmes
aquatiques tels les océans et les grands lacs (Grands Lacs américains, lac
Balkal et à la limite lac Léman), pour lesquels leur profondeur jointe à leur
superficie et à leur climat froid ou tempéré peut constituer une garantie contre
toute réaction importante du peuplement végétal ou animal. Mettre sur leur
caractère de stabilité l’étiquette d’absence de succession ou de climax hydrique
est une question de convention. D’autres lacs, passant du stade eutrophe au
stade oligotrophe, peuvent montrer une succession régressive (7.302,1).
Nous ne nous attarderons pas à ces problèmes qui ne sont que des cas
d’exception en matière de pêche continentale, mais examinerons d’un peu
plus près le problème des successions progressives des eaux dormantes représentées par les lacs et étangs.
Dans l’état de nos connaissances actuelles, on peut admettre que réserve
faite des régions tropicales les lacs ont normalement commencé par être oligotrophes (5.422,02) : en général profonds, beine étroite, hypolimnion prépondérant (zone profonde d’eau froide), riches en oxygène, pauvres en matière
organique, eaux claires et bleues, productivité faible. Avec le temps, ces lacs
se sont comblés plus ou moins rapidement du fait de leur envahissement par
des matériaux inorganiques ou organiques.
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