ENVIRONNEMENT. FACTEURS SOCIAUX
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échelle biologiques, il fut d’abord un temps où l’on crut faire merveille en
courant sus aux prédateurs supposés d’une espèce de choix dont on prétendait
augmenter la production. Quelques échecs spectaculaires furent enregistrés,
plus fréquemment d’ailleurs sur les animaux terrestres que sur les poissons,
parce que l'observation en était plus facile. Nous nous bornerons à citer
ici quelques-uns des plus typiques, en plus de la faillite de l’extermination
des coyottes par les bergers du Nouveau Monde dont nous avons déjà fait
état (2.0) :
Avant 1907, on estimait que vivaient environ 4 000 petits cerfs américains
sur le plateau de Kaibab, de 280 000 hectares dans l’Arizona, et cela en
compagnie d’une bonne quantité de prédateurs, en l’occurence loups et
pumas. De 1907 à 1923 une guerre sans merci fut déclarée à ces derniers. En
1925 la population de cerfs s’élevait à 100 000 têtes et outrepassait les possibilités alimentaires de la région. Toute la végétation fut tondue rez terre.
En deux hivers, 40 pourcent de la population de cerfs succomba à la famine.
Celle-ci ne se stabilisa qu’aux environs de 10 000 tètes. Vérification faite,
après coup, on s’aperçut que dans sa situation primitive le plateau de Kaibab
aurait pu nourrir au maximum 30 000 cerfs. Ainsi la cohabitation prédateurproie se maintenait dans un état d’équilibre qui, pour n’ètre pas l’optimurn
du point de vue cynégétique, assurait à la population des cerfs une marge de
sécurité suffisante pour qu’elle ne soit pas menacée de famine (Clarke, 1954).
Presnall (1950) passant en revue les études antérieures retient :
Les nombreux travaux effectués sur les fluctuations des populations de
lapins et autres rongeurs et des populations de coyottes qui s’en nourrissent
montrent qu’il n’y a aucune corrélation entre elles. Les coyottes ne limitent
pas la pullulation des rongeurs. Ceux-ci se trouvent par contre sous le contrôle
des précipitations atmosphériques. L’importance des destructions par les
coyottes s’efface donc devant les mortalités dues aux pluies. Constatation
valable en matière piscicole : les destructions d’une espèce carnivore peuvent
être peu de chose en regard des mortalités dues aux circonstanciés climatiques.
La guerre fut déclarée un peu partout au brochet « requin des eaux douces »
qui, disait-on. mangeait son poids de poissons par jour. Le résultat fut l'élimination de ce poisson de choix au profit des espèces vulgaires qui arrivent
bien souvent à faire du nanisme par suite de surpopulation. A l'heure actuelle,
gouvernements et organismes privés sont conduits à multiplier les piscicultures de brochets pour tenter de réintroduire cette espèce.
La réaction vint ; nombreux furent les biologistes qui admirent alors que
dans l’état sauvage tout était pour le mieux, qu’un « équilibre biologique »
était établi entre les espèces, que toute intervention de l'homme contre *
une
espèce prédatrice conduisait à une rupture d’équilibre biologique qui finalement se retournait contre lui.
Appliquée à la lettre, la théorie de non intervention qui résulte de cette
conception conduit à la solution facile du moindre effort, attitude difficile­
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