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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
La localisation temporaire des diverses espèces de micro-organismes actifs,
ainsi que celle des poissons, suivra donc plus ou moins les déplacements
des zones de température optimum. La connaissance de la thermique des
eaux ne sera plus un luxe relevant de la science pure, mais permettra de
préciser aux pécheurs la profondeur à laquelle rechercher tel ou tel poisson.
Nous en donnerons deux exemples frappants :
Vivier (1946) a rapporté le fait pour le lac de Neuchâtel « qu’en 1929
les corégones bondelles avaient délaissé les grandes profondeurs où on les
capturait d’ordinaire. Ce changement d’attitude préoccupa grandement les
pécheurs qui alertèrent le limnologue G. Mauvais. Celui-ci pouvait en rechercher la cause soit dans des questions de thermique pure, soit dans des modifications anormales de densité planctonique. Ces deux hypothèses furent
examinées. La comparaison des températures prises en profondeur cette
année-là avec celles mesurées les années précédentes fit ressortir une anomalie.
Dans une année normale, en juin, juillet, août, les poissons vivant sur le
fond à 60 mètres, 80 mètres, 100 mètres, jouissent de températures respectives allant de 6,5 °C à 9 °C, tandis qu’aux mêmes profondeurs, en 1929,
la température variait entre 4,9 °C et 7 °C. Pour retrouver des températures
de 6,5 °C à 9 °C il fallait se rapprocher de la surface. En somme le lac s’était
refroidi... C’est là, par 30 à 40 mètres de fond seulement que les pêcheurs
devaient placer leurs filets ».
Pour les lacs de retenue du Tennessee, aux U.S.A., Dendy (1948) précise
que le tonnage des captures a été notoirement augmenté depuis que, se
basant sur la thermique de ces lacs, les biologistes de la T.V.A. sont arrivés
à préciser à l’avance, par semaine et par jour, la profondeur où devait se
localiser principalement chaque espèce de poisson. Ces renseignements sont
portés à la connaissance des pêcheurs à la fois par affiche et par voie de
presse. Ci-avant, à titre d’exemple les indications fournies pour la journée
du 2 juin 1946, et qui, ce jour-là, se trouvaient être les mêmes pour les trois
lacs de Cherokee, Douglas et Norris (fig. 5.8).
Ces prévisions sont d’ailleurs devenues aujourd’hui d’usage courant
pour la pêche de certains poissons marins comme la morue.
5.32. Radiations lumineuses
Dans les écosystèmes terrestres, la lumière ne joue pas en général le
rôle de facteur limitatif de la production. Elle arrive en effet en abondance
suffisante aux végétaux à chlorophylle qui comme « producteurs » constituent le maillon n° 1 de la chaîne alimentaire. Dans ces écosystèmes terrestres,
la lumière a des effets secondaires importants dans des secteurs fort variés :
pigmentation, vision, orientation, périodicité de nombreux phénomènes
physiologiques... Dans les écosystèmes aquatiques ces effets secondaires
persistent comme nous allons le voir, mais l’importance de la lumière y est
considérablement accrue du fait qu’elle intervient souvent comme facteur
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
La localisation temporaire des diverses espèces de micro-organismes actifs,
ainsi que celle des poissons, suivra donc plus ou moins les déplacements
des zones de température optimum. La connaissance de la thermique des
eaux ne sera plus un luxe relevant de la science pure, mais permettra de
préciser aux pécheurs la profondeur à laquelle rechercher tel ou tel poisson.
Nous en donnerons deux exemples frappants :
Vivier (1946) a rapporté le fait pour le lac de Neuchâtel « qu’en 1929
les corégones bondelles avaient délaissé les grandes profondeurs où on les
capturait d’ordinaire. Ce changement d’attitude préoccupa grandement les
pécheurs qui alertèrent le limnologue G. Mauvais. Celui-ci pouvait en rechercher la cause soit dans des questions de thermique pure, soit dans des modifications anormales de densité planctonique. Ces deux hypothèses furent
examinées. La comparaison des températures prises en profondeur cette
année-là avec celles mesurées les années précédentes fit ressortir une anomalie.
Dans une année normale, en juin, juillet, août, les poissons vivant sur le
fond à 60 mètres, 80 mètres, 100 mètres, jouissent de températures respectives allant de 6,5 °C à 9 °C, tandis qu’aux mêmes profondeurs, en 1929,
la température variait entre 4,9 °C et 7 °C. Pour retrouver des températures
de 6,5 °C à 9 °C il fallait se rapprocher de la surface. En somme le lac s’était
refroidi... C’est là, par 30 à 40 mètres de fond seulement que les pêcheurs
devaient placer leurs filets ».
Pour les lacs de retenue du Tennessee, aux U.S.A., Dendy (1948) précise
que le tonnage des captures a été notoirement augmenté depuis que, se
basant sur la thermique de ces lacs, les biologistes de la T.V.A. sont arrivés
à préciser à l’avance, par semaine et par jour, la profondeur où devait se
localiser principalement chaque espèce de poisson. Ces renseignements sont
portés à la connaissance des pêcheurs à la fois par affiche et par voie de
presse. Ci-avant, à titre d’exemple les indications fournies pour la journée
du 2 juin 1946, et qui, ce jour-là, se trouvaient être les mêmes pour les trois
lacs de Cherokee, Douglas et Norris (fig. 5.8).
Ces prévisions sont d’ailleurs devenues aujourd’hui d’usage courant
pour la pêche de certains poissons marins comme la morue.
5.32. Radiations lumineuses
Dans les écosystèmes terrestres, la lumière ne joue pas en général le
rôle de facteur limitatif de la production. Elle arrive en effet en abondance
suffisante aux végétaux à chlorophylle qui comme « producteurs » constituent le maillon n° 1 de la chaîne alimentaire. Dans ces écosystèmes terrestres,
la lumière a des effets secondaires importants dans des secteurs fort variés :
pigmentation, vision, orientation, périodicité de nombreux phénomènes
physiologiques... Dans les écosystèmes aquatiques ces effets secondaires
persistent comme nous allons le voir, mais l’importance de la lumière y est
considérablement accrue du fait qu’elle intervient souvent comme facteur
