MATIÈRES EN SUSPENSION
CHAPITRE XIV
MESURE DES MATIÈRES EN SUSPENSION
A. AMINOT
La connaissance de la quantité de matières en suspension (MES) est
importante pour l’étude des milieux aquatiques. D’une part, les particules
réduisent la transparence de l’eau et de ce fait la production primaire photosynthétique, d’autre part elles présentent une surface de contact importante
pour des échanges physico-chimiques, chimiques ou biologiques avec l’eau
de mer. Selon leur nature, elles sont également une source nutritive non
négligeable pour la faune.
Les concentrations en matières en suspension sont très faibles en milieu
océanique profond : Hobson (1967) rapporte des valeurs de quelques dizaines
de microgrammes par litre à des profondeurs de plus de 250 m dans le Pacifique nord. En surface, les concentrations océaniques sont généralement plus
élevées : 0,5 à 1 mg.l-1. C’est en milieu côtier et estuarien que les plus fortes
valeurs sont observées. Ces concentrations subissent des variations saisonnières : plancton, apports terrigènes, tempêtes. Des valeurs de l'ordre de
0,5. à 5 mg.l-1 peuvent être observées en eaux côtières, plusieurs centaines
de milligrammes par litre dans les estuaires et jusqu’à plusieurs grammes par
litre dans la zone du maximum de turbidité.
1. PRINCIPES DE LA MÉTHODE
(V
i
La méthode consiste à filtrer l’eau de mer sur membrane filtrante afin
de retenir toutes les particules de taille supérieure à 0,5-1 pm. La membrane
est séchée et pesée avant et après filtration. La différence de poids permet
de connaître la masse sèche totale de matières en suspension dans le volume
filtré correspondant. ,
'
Banse et al. (1963) ont décrit un protocole rigoureux pour l’eau de mer
avec filtration sur membrane d’ester de cellulose. La norme française T90-105
afnor (1972), qui s’applique à l’eau douce, recommande les disques filtrants
en fibre de verre. Ces derniers, employés également par Hobson (1967) pour
l’eau de mer, seront donc conseillés.
Le point méthodologique important, lors de l’analyse des MES en eaux
salées, est le lavage des filtre^ pour en éliminer le sel, source d'erreur par
excès. Le lavage à l’eau distillée est approprié aux milieux pauvres en phytoplancton ; par contre, dans les milieux biologiquement riches, ce lavage est
à l’origine d’une perte de masse due à l’éclatement des cellules les plus fragiles
sous l'effet du choc osmotique. Strickland et Parsons (1972) considèrent
que ces pertes sont généralement négligeables, bien qu'elles puissent atteindre
169
CHAPITRE XIV
MESURE DES MATIÈRES EN SUSPENSION
A. AMINOT
La connaissance de la quantité de matières en suspension (MES) est
importante pour l’étude des milieux aquatiques. D’une part, les particules
réduisent la transparence de l’eau et de ce fait la production primaire photosynthétique, d’autre part elles présentent une surface de contact importante
pour des échanges physico-chimiques, chimiques ou biologiques avec l’eau
de mer. Selon leur nature, elles sont également une source nutritive non
négligeable pour la faune.
Les concentrations en matières en suspension sont très faibles en milieu
océanique profond : Hobson (1967) rapporte des valeurs de quelques dizaines
de microgrammes par litre à des profondeurs de plus de 250 m dans le Pacifique nord. En surface, les concentrations océaniques sont généralement plus
élevées : 0,5 à 1 mg.l-1. C’est en milieu côtier et estuarien que les plus fortes
valeurs sont observées. Ces concentrations subissent des variations saisonnières : plancton, apports terrigènes, tempêtes. Des valeurs de l'ordre de
0,5. à 5 mg.l-1 peuvent être observées en eaux côtières, plusieurs centaines
de milligrammes par litre dans les estuaires et jusqu’à plusieurs grammes par
litre dans la zone du maximum de turbidité.
1. PRINCIPES DE LA MÉTHODE
(V
i
La méthode consiste à filtrer l’eau de mer sur membrane filtrante afin
de retenir toutes les particules de taille supérieure à 0,5-1 pm. La membrane
est séchée et pesée avant et après filtration. La différence de poids permet
de connaître la masse sèche totale de matières en suspension dans le volume
filtré correspondant. ,
'
Banse et al. (1963) ont décrit un protocole rigoureux pour l’eau de mer
avec filtration sur membrane d’ester de cellulose. La norme française T90-105
afnor (1972), qui s’applique à l’eau douce, recommande les disques filtrants
en fibre de verre. Ces derniers, employés également par Hobson (1967) pour
l’eau de mer, seront donc conseillés.
Le point méthodologique important, lors de l’analyse des MES en eaux
salées, est le lavage des filtre^ pour en éliminer le sel, source d'erreur par
excès. Le lavage à l’eau distillée est approprié aux milieux pauvres en phytoplancton ; par contre, dans les milieux biologiquement riches, ce lavage est
à l’origine d’une perte de masse due à l’éclatement des cellules les plus fragiles
sous l'effet du choc osmotique. Strickland et Parsons (1972) considèrent
que ces pertes sont généralement négligeables, bien qu'elles puissent atteindre
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