En haut : le Mya-17 Stratofera est un avion russe conçu avant
tout pour la photographie cartographique et la lutte contre
la grêle. Dans ce second rôle, l'appareil ensemence les nuages
d’orage de petits cristaux, ce qui amène le nuage à libérer
sa pluie ou sa grêle avant d'atteindre les zones de cultures
où les grêlons risqueraient de causer de graves dégâts. Les
organismes russes de surveillance de l'environnement
affirment aussi que le Mya M-17 serait capable d’emporter
des générateurs d'ozone en haute altitude pour qu'ils y
« rapiècent » les trous de la couche d'ozone.
Ci-dessus : des nuages en enclume, chargés de pluie et de
grêle. De telles formations nuageuses sont le signe
annonciateur d’un orage imminent.
Page ci-contre : les hommes emploient depuis des siècles
les moulins à vent pour tirer partie de l’énergie contenue
dans les éléments.
L'ensemencement
de nuages
En 1946, une expérience fut menée aux États-Unis,
dans le Massachusetts, pour voir s’il était possible
d’accroître l’abondance des précipitations, l'n avion
« ensemença • un nuage en y introduisant de la
glace sèche (du dioxyde de carbone gelé, solide),
ce qui fut suivi d’une chute de neige. Plus tard, on
découvrit que l’iodure d'argent possédait les mêmes
effets ; on emploie aussi ces particules, désormais.
Dans les régions du monde où les précipitations
sont faibles et les populations en forte croissance,
tous les moyens permettant d'accroître les apports
d'eau sont bienvenus.
Pour que l’ensemencement des nuages soit
applicable, il faut qu'existent des nuages contenant
de l’eau en surfusion (soit de l’eau restée liquide
au-dessous de 0 °C). Une substance telle que
l’iodure d’argent ou la glace sèche (dont la structure
est voisine de celle de la glace) alors introduite dans
le nuage déclenche un processus de congélation.
Les particules de glace qui se forment dans les
nuages en surfusion croissent au détriment des
gouttelettes d’eau et deviennent assez lourdes pour
tomber sous forme de pluie.
En général, les particules d’ensemencement
des nuages sont dispersées par des avions ou au
moyen de dispositifs de dispersion au sol. Depuis
les premières expériences des années 1940, la
technique a été employée dans de nombreuses
régions de la planète, et notamment, à très grande
échelle, en Chine - où des fusées sont lancées
dans l’atmosphère pour accroître la quantité de
pluie tombant sur des contrées arides du pays
ainsi que sur la capitale, Pékin. Aux États-Unis,
l’ensemencement est pratiqué pour humidifier les
secteurs arides, pour diminuer la taille des grêlons
qui se forment lors des orages et pour atténuer
les brouillards aux abords des aéroports. Parfois, on
s’en sert également pour augmenter l'enneigement
des stations de ski. et même pour des expériences
visant à modifier la structure des ouragans. Mais
ces expériences ont récemment été abandonnées,
eu égard aux inquiétudes manifestées dans les
zones voisines qui redoutaient d'être davantage
exposées à l’ouragan qu elles ne l'étaient avant
l’ensemencement.
Précédent

- 247/330

Suivant