PLANÈTE MÉTÉO
A Saint-Pétersbourg, en Russie, une tradition
comparable est notable au milieu du XIXe siècle dans
les œuvres de Nicolas Gogol, Fedor Dostoïevski
et Nikolai Nekrassov. Le temps instable qui est décrit,
et qui caractérisait effectivement le climat de la ville,
reflète fréquemment les états d’âme et les sentiments
des personnages, voire une plus large malveillance
sociale ; il dirige parfois aussi l'intrigue, submerge les
personnages, les plonge dans la mélancolie et cause
leur infortune. De meme, les ouvrages du romancier
anglais Thomas Hardy, à la fin du XIXe siècle, sont
imprégnés par un temps maussade et cruel, qui
fournit une toile de fond dramatique et là encore
détermine fréquemment le destin des personnages.
Le temps, et en particulier l’idée de le contrôler ou
de le créer, est une caractéristique récurrente dans
les romans de science-fiction, où revient souvent
la notion de terraformation - cette transformation
de l’atmosphère et de l'écologie d’une planète dans
le but de la rendre habitable par les êtres humains.
De tels concepts demeurent théoriques, mais d’autres
qui en sont proches - comme nombre de ceux que
proposait
en d'autres mondes (1894), de
l’inventeur et écrivain américain John Jacob Astor IV
- offrent de saisissants parallèles avec le monde réel
d'aujourd'hui. Par exemple. Astor évoque la
production d électricité au moyen de vastes • fermes
éoliennes • et de structures équivalentes aux panneaux
solaires ; il décrit en outre l'installation d’éoliennes
individuelles sur le toit des maisons, appareils reliés
à des batteries de stockage pour fournir l’énergie
nécessaire au chauffage et à l’éclairage du logis.
Art et météo
Les éléments figurent depuis des millénaires dans les
représentations artistiques, dès les dessins et peintures
rupestres de la préhistoire en fait, qui ouvrirent la voie
à une longue tradition de figuration du monde naturel
et des conditions atmosphériques, notamment dans
les peintures des cieux et des paysages. Une telle
tradition se poursuit de nos jours, mais l’on voit aussi
aujourd'hui des artistes incorporer les phénomènes
météorologiques naturels dans leur art, les répliquer
de manière artificielle ou employer des données
météo pour produire leurs œuvres.
On pense que la représentation picturale réaliste
du ciel commença avec les Grecs de l’Antiquité et
fut poursuivie par les Romains. Elle occupait aussi
une grande place dans la peinture orientale ancienne.
Au Japon, cette tradition trouva son prolongement
aux xviir et XIXe siècles dans l’œuvre d’artistes tels
que Matsumura Goshun, Okamoto Toyohiko (auteur
d’œuvres remarquées sur le thème du bord de mer,
des montagnes et des saisons), Katsushika Hokusai
Précédent

- 210/330

Suivant