L'ATMOSPHÈRE: PHÉNOMÈNES LOCALISÉS
Influence des montagnes
Les facteurs orographiques (du grec o ro s, • montagne •)
influent sur le climat des montagnes.
En soufflant au-dessus de la mer, le vent se chaige
d’humidité. Si l’air est poussé vers le rivage, il doit
s’élever en atteignant des reliefs. Il se refroidit alors
et une condensation intervient, qui provoque la
formation de nuages d’où tombent des précipitations.
La majeure partie de la pluie tombe sur les sommets
ou les versants au vent (orientés face à la mer, et donc
face aux vents qui en proviennent, les brises de mer).
En descendant sur le versant sous le vent, abrité,
l’air se réchauffe. Une évaporation intervient et l’air
sèche, de sorte que les pluies n’y sont que résiduelles.
Les versants sous le vent sont donc plus secs que les
versants au vent.
La connaissance de ce phénomène est importante
dans la préparation des bulletins de prévision. Dans
maintes zones soumises à ce régime, l’on constate
souvent que les terres situées sous le vent de chaînes
de montagnes souffrent d’un manque d’eau et sont
plus exposées à la sécheresse que les contrées
au vent.
Les reliefs ont également la capacité de produire
des nuages. Certaines montagnes font naître des
nuages lenticulaires, formés sous l'effet d'une élévation
locale de l'air qui se condense en passant au sommet
de l’éminence. Cet air ne peut cependant s’élever plus,
aussi les vents « rebondissent-ils » alors sur l’autre
versant de la montagne. Ces nuages lenticulaires ne
se déplacent pas avec le vent, ils semblent stationnaires.
Ils se constituent là où l’air s’élève et se dissolvent
là où l’air descend, d’où leur apparente immobilité.
Des pics isolés tels que le Cervin se drapent de nuages
en banderole. Lorsque l'air s’élève au long de la
montagne, un tourbillon naît sous le vent du sommet,
et la chute de pression crée un nuage lenticulaire.
Ci-dessus : les versants sous le vent des reliefs sont les plus secs.
Ci-contre : un nuage orographique se forme sur une montagne
du littoral dans l'été arctique. Ce nuage se forme par suite de
l'élévation en haute altitude de l’air marin humide rencontrant la
montagne. La vapeur d’eau se condense sous l'effet des basses
températures qui régnent à ces altitudes, et forme ainsi un nuage
orographique. Les pluies qui en résultent permettent l’apparition
de la vie dans ces contrées arctiques, sans cela arides et désertiques.
Page ci-contre, en haut : Namche Bazar un village de la région de
Khumbu, au Népal, est situé à 3 440 m d'altitude sur le versant
d'une colline.
Page ci-contre, en bas : le sommet du mont McKinley, dans le parc
national de Denali, en Alaska, se dresse à 6 194 m d'altitude. L'air
y est froid et la pression atmosphérique basse : les alpinistes en
ressentent intensément les effets. Plus on s'élève et moins il y a
d'oxygène dans l’air ; le mal aigu des montagnes, qui survient souvent
au-dessus de 2 500 m, est susceptible de provoquer des troubles
chez ceux qui ne prennent pas soin de s’acclimater progressivement
à ces conditions particulières, troubles pouvant aller jusqu'à un
œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA) parfois fatal.
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