Les dunes littorales
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© a r m a n d
c o lin .
L a
p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e e s t u n
d é lit.
1. La protection de l’avant-dune
L’avant-dune constitue un élément essentiel de l’équilibre dynamique d’une
plage pour laquelle elle représente une réserve en sable. Lors des grandes
tempêtes, les vagues déferlantes atteignent la dune, y prélèvent du matériel et le
déplacent vers l’avant-plage où il s’accumule sous la forme de barres immergées.
Ainsi qu’on l’a déjà expliqué à propos des plages, ces barres représentent des
obstacles qui contraignent les lames les plus fortes à déferler plus tôt en avant du
rivage, d’où un amortissement de leur impact sur le haut de l’estran qui est ainsi
préservé d’une érosion plus accentuée. Avec le retour du beau temps, les barres
tendent à s’effacer car les vagues, plus faibles et moins cambrées, remontent le
sable sur la plage. A partir de là, le vent en prélève une partie qui sert à réparer les
pertes de l’avant-dune dont le profil antérieur à la tempête se rétablit progressivement, ce qui conduit à une nouvelle situation d’équilibre.
Par ailleurs, l’avant-dune joue un rôle de pare-chocs contre les fortes vagues.
Elle protège de l’inondation par l’eau de mer les terres basses situées en arrière et
souvent aménagées par l’Homme. Aux Pays-Bas, dont les espaces côtiers
déprimés sont intensivement mis en valeur et menacés de submersion par les ondes
de tempête, l’avant-dune est considérée comme un mur de protection naturel qui
fait l’objet d’une conservation vigilante.
Mais, trop souvent, l’avant-dune a beaucoup souffert de l’urbanisation linéaire
de front de mer et de la surfréquentation touristique qui, un peu partout dans le
monde, ont caractérisé les dernières décennies. Elle a complètement disparu là où
son sable a été exploité pour les besoins de la construction, là aussi où elle a été
imprudemment arasée pour aménager des boulevards ou des promenades et pour
édifier des bâtiments, en particulier des hôtels, à proximité même du rivage.
Ailleurs, l’avant-dune a été sérieusement malmenée par les vacanciers. Quant on
sait que, dans le département du Var, 100 km linéaire de plage peuvent accueillir
au même moment jusqu’à 500 000 personnes pendant le mois d’août, on imagine
sans peine les dégâts dus au piétinement répété des baigneurs et au stationnement
sauvage des véhicules. Les plantes psammophiles qui résistent mal au passage des
pieds et des roues disparaissent et le sable n’est plus retenu. Les multiples sentiers
d’accès au rivage sont autant de brèches qui fragilisent la dune. Le vent les transforme en couloirs de déflation qu’agrandissent encore les vagues de gros temps.
Du sable échappe définitivement au domaine littoral et des terres sont inondées. A
la longue, l’avant-dune peut finir par disparaître.
Il est recommandé de recréer, lorsque cela est encore possible, l’avant-dune là
où elle a été détruite, de la restaurer là où elle a été dégradée, de la sauvegarder là
où elle est encore intacte. En France, son intangibilité est en principe aujourd’hui
protégée par la loi sur le littoral de 1986 qui interdit tout prélèvement de sable à ses
dépens et toute construction, quel qu’en soit le type, sur son emplacement. Seuls
devraient être autorisés des passages de piétons, dûment canalisés par des cheminements obligés et aménagés, par exemple en mettant en place ici et là des
caillebotis ou des passerelles légères, fixées sur pilotis.
Pour rétablir l’avant-dune, on peut planter des espèces psammophiles tout
spécialement Ammophila arenaria, excellente fixatrice du sable. Les touffes d oyat
doivent être alignées perpendiculairement au vent dominant et leur densité être
moins grande à l’avant, du côté de l’estran, qu’à l’arrière pour mieux répartir le
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