Photo 15. — Mur de protection à Seabright, New Jersey, USA.
Le mur protège l’avenue côtière, mais il n’a pas empêché la plage, à l’origine de la création de
cette station balnéaire, de disparaître complètement.
dérive, le déséquilibre sédimentaire déclenche ou accentue les phénomènes d’érosion (fig. 28). On peut pallier cet inconvénient en construisant des brise-lames
submergés dont l’arasement proche du niveau de l’eau arrête les grosses houles
tout en permettant le passage des petites vagues, ce qui évite une interruption totale
du transit sédimentaire littoral. De tels ouvrages ont aussi l’avantage de ne pas être
visibles, donc de ne pas modifier le paysage, mais il sont dangereux pour la navigation et appellent un balisage. En général, les brise-lames ne sont réalisables que
sur des côtes où le marnage est faible.
Les ouvrages de défense ont été largement utilisés. En France continentale, pour
4 500 km de rivages marins, on compte en moyenne 100 m de longueur d’ouvrage
par kilomètre. Au Japon, pour 31 000 km de côte, on trouve 8 000 km de murs de
protection, quelque 1 500 brise-lames et 10 000 épis, sans parler des structures
d abri associées aux 4 000 ports du pays. Pourtant, tous ces ouvrages de défense
font 1 objet de sévères critiques. Ils détériorent les paysages et ils coûtent cher : par
mètre linéaire, en moyenne 7 000 francs pour un épi en enrochement et
50 000 francs pour un brise-lames (prix de 1994). Surtout, s’ils peuvent localement ralentir l’érosion des plages, ils l’aggravent ailleurs, car ils ne s’attaquent pas
à la racine du mal qui est un déficit sédimentaire côtier. D’autre part, en stabilisant
une ligne de rivage sur une position, ils entravent un recul qui est un phénomène
naturel si, comme on le pense généralement, le niveau de la mer est en cours d’élévation. Or, 1 observation montre qu’une plage peut reculer sans pour autant
disparaître lorsqu’existe en arrière d’elle des terrains meubles. Mais, en contrariant
son évolution, on accroît le déséquilibre, d’où l’appel à de nouveaux ouvrages de
Le mur protège l’avenue côtière, mais il n’a pas empêché la plage, à l’origine de la création de
cette station balnéaire, de disparaître complètement.
dérive, le déséquilibre sédimentaire déclenche ou accentue les phénomènes d’érosion (fig. 28). On peut pallier cet inconvénient en construisant des brise-lames
submergés dont l’arasement proche du niveau de l’eau arrête les grosses houles
tout en permettant le passage des petites vagues, ce qui évite une interruption totale
du transit sédimentaire littoral. De tels ouvrages ont aussi l’avantage de ne pas être
visibles, donc de ne pas modifier le paysage, mais il sont dangereux pour la navigation et appellent un balisage. En général, les brise-lames ne sont réalisables que
sur des côtes où le marnage est faible.
Les ouvrages de défense ont été largement utilisés. En France continentale, pour
4 500 km de rivages marins, on compte en moyenne 100 m de longueur d’ouvrage
par kilomètre. Au Japon, pour 31 000 km de côte, on trouve 8 000 km de murs de
protection, quelque 1 500 brise-lames et 10 000 épis, sans parler des structures
d abri associées aux 4 000 ports du pays. Pourtant, tous ces ouvrages de défense
font 1 objet de sévères critiques. Ils détériorent les paysages et ils coûtent cher : par
mètre linéaire, en moyenne 7 000 francs pour un épi en enrochement et
50 000 francs pour un brise-lames (prix de 1994). Surtout, s’ils peuvent localement ralentir l’érosion des plages, ils l’aggravent ailleurs, car ils ne s’attaquent pas
à la racine du mal qui est un déficit sédimentaire côtier. D’autre part, en stabilisant
une ligne de rivage sur une position, ils entravent un recul qui est un phénomène
naturel si, comme on le pense généralement, le niveau de la mer est en cours d’élévation. Or, 1 observation montre qu’une plage peut reculer sans pour autant
disparaître lorsqu’existe en arrière d’elle des terrains meubles. Mais, en contrariant
son évolution, on accroît le déséquilibre, d’où l’appel à de nouveaux ouvrages de
