Les plages
55
© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
FJLes variations saisonnières du profil des plages
De fait, le profil d’une plage est perpétuellement mobile car il doit se modifier
pour s’adapter aux conditions hydrodynamiques sans cesse changeantes. Il
s’abaisse lorsque le stock sédimentaire diminue par suite d’une érosion de l’estran
attaqué par des vagues de tempête. Il se relève lorsque du sable ou des galets s’accumulent pendant des périodes de beau temps, caractérisées par des houles
engraissantes. Aussi la tendance évolutive réelle d’une plage — stabilité, progradation, récession — ne peut-elle être véritablement appréciée que si les observations
portent sur plusieurs années.
Sur les rivages des latitudes tempérées où le contraste saisonnier est marqué —
périodes répétées de mauvais temps en hiver, longues périodes de beau temps en
été — les plages connaissent un cycle annuel qui voit se succéder démaigrissement
et engraissement (fig. 22 et 23).
Ce cycle est très régulier sur la côte pacifique du nord-ouest des U.S.A. (Fox et
Davis, 1978). Entre octobre et mars, les plages de l’État de l’Oregon perdent du
matériel au point de laisser parfois apparaître le substratum rocheux. Les vagues de
tempête, lorsque des vents violents soufflent vers la côte, sont destructives parce
que hautes et cambrées. Après leur déferlement, même si le jet de rive est capable
de projeter du matériel grossier vers le haut de la plage, le pouvoir d’érosion et la
capacité de transport de la nappe de retrait sont plus élevés, d’où un enlèvement du
matériel sur l’estran et aussi, quand il en existe une, dans l’avant-dune qui est alors
taillée en falaise. Ce matériel est transféré sur l’avant-plage où il s’accumule sous
la forme de barres immergées. Ces barres représentent autant d’obstacles qui
forcent les lames à se briser plus tôt à l’approche de la côte, donc à distance de la
plage qui est ainsi préservée d’une plus grande érosion car, même si des vagues se
reconstituent avant de l’atteindre, leur énergie est considérablement diminuée. Il y
a là une sorte de réaction d’autodéfense de la plage.
Pendant la belle saison, d’avril à la fin du mois de septembre, les houles sont
moins fortes. Les vagues faiblement cambrées sont constructives. Elles déferlent
plus près du rivage et le jet de rive a une puissance supérieure à celle de la nappe
de retrait. Les matériaux migrent de l’avant-plage vers la plage. Les barres immergées tendent à s’effacer et leurs sédiments remontent sur l’estran dont le profil se
relève jusqu’à ce qu’il soit assez redressé pour que l’action de la nappe de retrait
compense celle du jet de rive. Un nouvel équilibre provisoire s’établit.
On estime que, sur les plages de l’Oregon, en moyenne 110 m3 de matériaux par
mètre linéaire de rivage sont ainsi déplacés chaque année perpendiculairement au
trait de côte entre l’étage médiolittoral et l’étage infralittoraL
Il existe aussi un contraste saisonnier dans le comportement des plages des
régions tropicales. Par exemple, la côte orientale de la péninsule malaise, essentiellement sableuse, est soumise au régime de la mousson. Lorsque souffle la mousson
du nord-est, de novembre à février, les plages démaigrissent tandis que la mousson
du sud-ouest, de mai à août, permet leur restauration.
On conçoit que ces alternances répétées d’érosion et d’accumulation donnent
aux dépôts des plages des stratifications obliques, faisant apparaître de multiples
entrecroisements.
55
© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
FJLes variations saisonnières du profil des plages
De fait, le profil d’une plage est perpétuellement mobile car il doit se modifier
pour s’adapter aux conditions hydrodynamiques sans cesse changeantes. Il
s’abaisse lorsque le stock sédimentaire diminue par suite d’une érosion de l’estran
attaqué par des vagues de tempête. Il se relève lorsque du sable ou des galets s’accumulent pendant des périodes de beau temps, caractérisées par des houles
engraissantes. Aussi la tendance évolutive réelle d’une plage — stabilité, progradation, récession — ne peut-elle être véritablement appréciée que si les observations
portent sur plusieurs années.
Sur les rivages des latitudes tempérées où le contraste saisonnier est marqué —
périodes répétées de mauvais temps en hiver, longues périodes de beau temps en
été — les plages connaissent un cycle annuel qui voit se succéder démaigrissement
et engraissement (fig. 22 et 23).
Ce cycle est très régulier sur la côte pacifique du nord-ouest des U.S.A. (Fox et
Davis, 1978). Entre octobre et mars, les plages de l’État de l’Oregon perdent du
matériel au point de laisser parfois apparaître le substratum rocheux. Les vagues de
tempête, lorsque des vents violents soufflent vers la côte, sont destructives parce
que hautes et cambrées. Après leur déferlement, même si le jet de rive est capable
de projeter du matériel grossier vers le haut de la plage, le pouvoir d’érosion et la
capacité de transport de la nappe de retrait sont plus élevés, d’où un enlèvement du
matériel sur l’estran et aussi, quand il en existe une, dans l’avant-dune qui est alors
taillée en falaise. Ce matériel est transféré sur l’avant-plage où il s’accumule sous
la forme de barres immergées. Ces barres représentent autant d’obstacles qui
forcent les lames à se briser plus tôt à l’approche de la côte, donc à distance de la
plage qui est ainsi préservée d’une plus grande érosion car, même si des vagues se
reconstituent avant de l’atteindre, leur énergie est considérablement diminuée. Il y
a là une sorte de réaction d’autodéfense de la plage.
Pendant la belle saison, d’avril à la fin du mois de septembre, les houles sont
moins fortes. Les vagues faiblement cambrées sont constructives. Elles déferlent
plus près du rivage et le jet de rive a une puissance supérieure à celle de la nappe
de retrait. Les matériaux migrent de l’avant-plage vers la plage. Les barres immergées tendent à s’effacer et leurs sédiments remontent sur l’estran dont le profil se
relève jusqu’à ce qu’il soit assez redressé pour que l’action de la nappe de retrait
compense celle du jet de rive. Un nouvel équilibre provisoire s’établit.
On estime que, sur les plages de l’Oregon, en moyenne 110 m3 de matériaux par
mètre linéaire de rivage sont ainsi déplacés chaque année perpendiculairement au
trait de côte entre l’étage médiolittoral et l’étage infralittoraL
Il existe aussi un contraste saisonnier dans le comportement des plages des
régions tropicales. Par exemple, la côte orientale de la péninsule malaise, essentiellement sableuse, est soumise au régime de la mousson. Lorsque souffle la mousson
du nord-est, de novembre à février, les plages démaigrissent tandis que la mousson
du sud-ouest, de mai à août, permet leur restauration.
On conçoit que ces alternances répétées d’érosion et d’accumulation donnent
aux dépôts des plages des stratifications obliques, faisant apparaître de multiples
entrecroisements.
