Photo 6. — Formes de corrosion littorale sur une côte calcaire, environs de Bizerte, Tunisie.
La corrosion englobe divers processus : dissolution du carbonate de calcium par l’eau de mer,
désagrégation de la roche par hydratation et haloclastie, ablation et construction par des actions
biologiques. Elle explique la formation d’un trottoir à bourrelet externe dans l’étage médiolittoral et de mares à bords aigus dans l’étage supralittoral.
J. Les actions biologiques
Les milieux côtiers sont généralement riches en êtres vivants et les biocénoses
jouent un rôle non négligeable dans leur évolution. On aura l’occasion de parler en
détail, dans le dernier chapitre de ce livre, des coraux bâtisseurs de récifs dans les
mers chaudes. On se limitera à signaler ici le rôle d’animaux et de végétaux qui
contribuent à l’érosion des rivages rocheux ou au contraire à la sédimentation sur
les littoraux meubles.
La bioérosion revêt des aspects divers : rangement, perforation, broutage, dislocation. Les roches calcaires se prêtent tout particulièrement à de telles attaques.
Certains organismes agissent mécaniquement par râpage du substrat avec leur
coquille grâce à un mouvement de va-et-vient, d’autres interviennent chimiquement en sécrétant des acides.
Les animaux excavateurs sont divers. Des oursins aménagent des niches,
comme Paracentrotus lividus qui s’installe dans des logettes progressivement élargies à une vitesse de l’ordre de 1 cm par an. Parmi les mollusques, les patelles
creusent des cupules et les littorines ont une action aplanissante. Pholas dactylus et
Lithodomus lithophagus sont de grands taraudeurs qui forent des tubes de
plusieurs centimètres de profondeur. Il existe aussi de petits perforants, tels la
spongiaire Cliona lampa ou les annélides du genre Polydora. Ces derniers aménagent des tunnels de diamètre millimétrique. De leur côté, des végétaux sont
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