Les récifs coralliens
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D. Formation et évolution des récifs coralliens
On prendra d’abord le cas des récifs et des îles coralliennes des archipels situés
au milieu des océans. On doit à Darwin une théorie explicative de leur genèse qui
dans ses grandes lignes reste toujours valable. Au cours de son voyage autour du
monde (1831-1836), le célèbre naturaliste avait eu l’occasion de naviguer dans les
parages de l’archipel des Tuamotu et des îles de la Société, dans l’océan Pacifique,
et aussi de visiter les îles Cocos, dans l’océan Indien. Il avait remarqué l’existence
de termes de passage entre les récifs frangeants et les récifs-barrières, et entre
ceux-ci et les atolls. Si Ton prend l’exemple des îles de la Société, on rencontre
d’abord, en partant de l’est, Mehetia qui est un cône volcanique typique, bordé par
un récif frangeant embryonnaire. Vient ensuite Tahiti, île constituée par deux
volcans et ourlée par un récif frangeant dont la tendance est à décoller de la côte.
En allant vers le nord-ouest, de Moorea à Bora Bora, en passant par Huahine,
Raiatea et Tahaa, des récifs-barrières isolent des lagons de plus en plus vastes au
milieu desquels des îles de plus en plus disséquées montrent des rivages aux
indentations de plus en plus profondes. Maupiti qui n’a plus qu’une île centrale
résiduelle est presque un atoll. Mopelia, Scilly et Bellinghausen sont eux de vrais
atolls. Au-delà ont été identifiés des monts sous-marins qui correspondent à
d’anciens atolls aujourd’hui immergés.
La théorie darwinienne à propos de la genèse et de l’évolution des récifs coralliens repose sur un pivot : la subsidence d’un édifice volcanique né au milieu d un
océan, la croissance verticale du corail permettant de compenser l’affaissement du
substrat. La séquence des événements est la suivante (fig. 120). Une éruption sousmarine permet l’édification d’un cône volcanique qui finit par émerger. Quand il
cesse d’être actif et si les conditions du milieu le permettent, apparaît un récif
accolé au rivage. C’est le stade du récif frangeant. Le volcan s affaissant, le niveau
de la mer s’élève, mais grâce à la croissance verticale du corail, le récif peut suivie
cette élévation. Cependant, cette croissance se faisant mieux, on 1 a vu, sur son
bord externe que sur son bord interne, de ce côté-là le platier est peu à peu
submergé et il cède la place à un lagon qui entoure le relief volcanique initial.
C’est le stade du récif-barrière. La subsidence se poursuivant, le récif continue a se
développer vers le haut, le lagon à s’élargir et 1 ’île à se réduiie. Il arrive un moment
où il ne reste plus qu’un récif de forme annulaire et un lagon. Le stade de 1 atoll est
atteint.
Mais il faut aussi tenir compte des variations du niveau de a mer îees a
glacio-eustatisme, notion inconnue à Tépoque de Darwin. A plusieursméprisés,
cours du Plio-Quaternaire, ce niveau s’est abaissé de 100 à 15 m avec une vi .
bien supérieure à celle de l’affaissement des substrats volcaniques esrecl
iiens. Ceux-ci ont donc connu des périodes d émersion proon^ flllteurs
lesquelles les lagons ont été vidangés et karstifiés. On a vu que cer
.Qn
attribuent même à ces épisodes de karstification un rôle essentie an
des lagons. C’est également pendant ces périodes de bas niveau mari
des
courantes ont pu creuser dans les récifs des ouvertures qui son
passes.
Les résultats de recherches géologiques et géophysiques récentes confi
théorie de la subsidence postulée par Darwin.
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