236
Les littoraux
La pente interne montre une faible déclivité. La vie corallienne y est plus active
que sur le platier mais moins que sur la pente externe parce que l’eau y est plus
calme, donc moins oxygénée. On y trouve des massifs discontinus de corail vivant
qui affleurent à marée basse. Entre eux, des dépôts de sables et de graviers portent
des herbiers à cymodocées.
C. Principaux types de récifs coralliens
On distingue traditionnellement trois grands types de récifs coralliens : les
récifs frangeants, les récifs-barrières et les atolls. Mais il existe aussi des récifs qui
n’entrent pas dans cette classification tripartite trop simplificatrice.
> Les récifs frangeants sont les plus simples (photo 40). Ils bordent une terre
non corallienne ou un ancien récif émergé. Le plus souvent ils ne sont pas directement accolés à la côte (fig. 111). Ils en sont séparés par ce qu’il est convenu
d’appeler un chenal d’embarcation qui se présente sous la forme d’une dépression
parallèle au tracé du rivage, profonde de plusieurs dizaines de centimètres et large
de quelques dizaines de mètres. L’existence de ce chenal s’explique parce que les
eaux littorales, à proximité même du rivage, sont plus ou moins turbides à cause
des apports de particules fines par le ruissellement après les pluies et c’est cette
turbidité qui entrave la croissance du corail. On trouve la démonstration a
contrario de cette interprétation sur les littoraux des régions désertiques, comme
par exemple la côte du golfe d’Aqaba, où le chenal d’embarcation n’existe pas, de
là des récifs frangeants jouxtant directement le rivage (fig. 112). Sur les récifs frangeants le corail vivant se rencontre essentiellement du côté de leur bord externe.
► Les récifs-barrières correspondent à des récifs coralliens qui ceinturent des
terres non récifales dont ils sont séparés par des lagons, profonds de quelques
dizaines de mètres et de largeur variable. On a déjà parlé de la Grande Barrière
d’Australie qui se situe à plusieurs dizaines de kilomètres en avant de la côte du
Queensland, sur le bord de la plate-forme continentale. On pourrait aussi donner
comme exemple, en Nouvelle-Calédonie, le récif-barrière qui précède d’une quinzaine de kilomètres le littoral de la région de Nouméa. Quant aux récifs-barrières
qui entourent des îles volcaniques (photo 41), ils présentent une forme grossièrement circulaire dont une bonne illustration est donnée par celui de Mayotte, dans
l’archipel des Comores (fig. 113).
Les récifs-barrières ne sont pas continus. Ils sont interrompus par des passes,
appelées ava en Polynésie, qui sont souvent assez profondes pour que des navires
puissent les emprunter. Beaucoup d’entre elles s’expliquent par un creusement
fluvial lors des périodes de bas niveau marin contemporaines des glaciations quaternaires. La preuve en est parfois donnée par leur tracé méandriforme, comme pour la
passe de Longogori dans la partie orientale de la barrière de Mayotte. Dans d’autres
cas, les passes se prolongent par des vallées encore identifiables dans le fond du
lagon, ainsi qu’on peut le constater dans le Grand Cul-de-Sac Marin, à la Guadeloupe. Ces vallées sont elles-mêmes connectées avec des rivières actuelles. Le fait
qu’en Polynésie les passes se situent préférentiellement du côté sous le vent
s explique parce que d’autres passes qui ont pu exister du côté opposé ont sans doute
été obturées pendant l’Holocène par une sédimentation active liée à un mode battu.
Précédent

- 237/262

Suivant