Les falaises
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Les glissements se produisent surtout en hiver et ils montrent une liaison avec
les fortes pluies (fig. 107). De fait, la corrélation est plus étroite encore avec les
battements du toit de la nappe phréatique. Ce sont les périodes pendant lesquelles
le niveau de l’eau souterraine s’élève rapidement qui paraissent particulièrement
favorables à l’occurrence de mouvements de masse, alors que ceux-ci semblent
moins fréquents lorsque le niveau baisse, même s’il est encore haut. La diminution
des contraintes serait donc plus importante dans le premier cas que dans le second.
Une relation existe aussi entre les glissements et l’attaque du pied des falaises
par la mer. Cette agression est sporadique : en effet, d’une part la côte de Kilkeel
est caractérisée par une faible énergie parce que le fetch est court sur la mer
d’Irlande, d’autre part la vaste plate-forme et surtout la plage de galets qui se trouvent à la base des escarpements amortissent en temps ordinaire l’impact des
vagues. C’est seulement par forte tempête, événement qui se produit une vingtaine
de fois en moyenne chaque année, que les falaises sont directement battues par les
vagues. Celles-ci sont alors capables d’attaquer les formations tendres en place.
En raidissant la partie inférieure des abrupts, elles déstabilisent leur partie supérieure qui, si elle est imprégnée d’eau, se met à glisser. Le travail des tempêtes
suivantes consistera à disperser les matériaux effondrés dont la présence contribue
pendant un temps, même si des pluies abondantes se produisent, à affermir les
escarpements en les contenant et en protégeant leur base de l’action des vagues.
Dans ces conditions, on conçoit que le recul des falaises de Kilkeel, résultat d’un
cycle d’événements, soit discontinu dans le temps comme dans l’espace.
B. L’impact des aménagements sur l’évolution des falaises
p h o to c o p ie n o n autc
Pendant longtemps, les escarpements côtiers sont restés à 1 écart des aménagements, leur instabilité constituant une menace permanente que ne contrebalançait
aucun avantage particulier. Seuls des phares étaient édifiés au sommet des falaises.
Périodiquement détruits par l’érosion marine, ils devaient être reconstruits en
arrière de l’emplacement précédemment occupé. On connaît aussi des aggloméra
lions qui ont été rattrapées au cours du temps par le recul de falaises et qui se sont
écroulées dans la mer. Les lost towns sont nombreuses sur la côte du Holderness,
dans l’est de l’Angleterre, au nord de l’embouchure du Humbei.
Les choses ont changé au XXe siècle avec le développement du tourisme
balnéaire. Les routes en corniche se sont multipliées et la recherc e e a vue
imprenable sur la mer a incité à bâtir sans discernement sur le bor meme es
falaises. Ce faisant, on a non seulement imprudemment ignoré la oi airain
l’évolution littorale — les falaises sont par définition des formes d érosion —,
mais on a encore, sans le prévoir, souvent aggravé le phénomène du reçu tou
spécialement là où les escarpements sont constitués de foi mations se
non consolidées.
En effet, la création de lotissements s’accompagne d un je evemen
naPpe phréatique. L’accroissement du volume des eaux souterraines
1 irrigation des jardins, les rejets d’effluents domestiques inges
.,
jes
septiques en l’absence d’un réseau organisé de tout-a- egou ,
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