8. Les deltas
Un delta correspond à l’embouchure d’un cours d’eau où les alluvions fluviatiles s’accumulent au lieu d’être redistribuées en majorité sur une grande étendue
par les vagues et les courants littoraux. A. Guilcher, en proposant cette définition,
ajoute justement qu’un delta se traduit par une avancée plus ou moins marquée de
la terre aux dépens de la mer (fig. 79).Pour un géomorphologue, ce saillant, dû
essentiellement à des apports terrigènes, que dessine le tracé de la côte, constitue
un critère d’identification qui empêche de classer parmi les deltas vrais les embouchures de fleuves comme le Rhin, le Guadalquivir ou le Sénégal, même si la
sédimentation de leur basse plaine littorale présente des caractères deltaïques. Il
est fréquent qu’un cours d’eau se divise en plusieurs bras quand il édifie un delta,
mais ce n’est pas une règle générale. Même si un delta est constitué fondamentalement par des matériaux venus du continent, il inclut aussi une proportion, plus ou
moins grande selon les cas, de sédiments d’origine marine, apportés par les vagues
depuis les fonds proches ou par la dérive littorale à partir de falaises en cours
d’érosion.
On peut dire qu’un delta représente l’opposé d’un estuaire, étant bien entendu
que toutes les formes de transition existent entre l’un et l’autre. Dans les deux cas,
Fig. 79. — Morphométrie plane d’un delta (d’après F. Verger, 1991).
A est 1 apex du delta, C le point distal du delta. L’aire ABCD représente la surface du delta,
1 aire BCD le saillant du delta. L’indice de protubérance du delta est égal au rapport BCD/
Un delta correspond à l’embouchure d’un cours d’eau où les alluvions fluviatiles s’accumulent au lieu d’être redistribuées en majorité sur une grande étendue
par les vagues et les courants littoraux. A. Guilcher, en proposant cette définition,
ajoute justement qu’un delta se traduit par une avancée plus ou moins marquée de
la terre aux dépens de la mer (fig. 79).Pour un géomorphologue, ce saillant, dû
essentiellement à des apports terrigènes, que dessine le tracé de la côte, constitue
un critère d’identification qui empêche de classer parmi les deltas vrais les embouchures de fleuves comme le Rhin, le Guadalquivir ou le Sénégal, même si la
sédimentation de leur basse plaine littorale présente des caractères deltaïques. Il
est fréquent qu’un cours d’eau se divise en plusieurs bras quand il édifie un delta,
mais ce n’est pas une règle générale. Même si un delta est constitué fondamentalement par des matériaux venus du continent, il inclut aussi une proportion, plus ou
moins grande selon les cas, de sédiments d’origine marine, apportés par les vagues
depuis les fonds proches ou par la dérive littorale à partir de falaises en cours
d’érosion.
On peut dire qu’un delta représente l’opposé d’un estuaire, étant bien entendu
que toutes les formes de transition existent entre l’un et l’autre. Dans les deux cas,
Fig. 79. — Morphométrie plane d’un delta (d’après F. Verger, 1991).
A est 1 apex du delta, C le point distal du delta. L’aire ABCD représente la surface du delta,
1 aire BCD le saillant du delta. L’indice de protubérance du delta est égal au rapport BCD/
