12
Les littoraux
relèvement. Il semble logique de le mettre en rapport avec le réchauffement de
l’ordre de 0,5 °C qui, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, a mis fin au Petit
Age de Glace, entraînant une décrue des glaciers de montagne dans les deux
hémisphères. Interrompue dans les années quarante, la légère hausse des températures a repris depuis deux décennies, l’année 1995 détenant le record de chaleur
depuis que l’on dispose de données instrumentales.
En se basant sur 15 cm d’élévation du niveau de la mer pour les cent dernières
années, 10 cm peuvent être attribués au glacio-eustatisme (décrue des glaciers de
montagne) et 5 cm au thermo-eustatisme (réchauffement de la tranche supérieure de
l'eau des océans et des mers). On s’inquiète actuellement pour la Terre d’un possible
effet de serre d’origine anthropique qui serait lié à l’augmentation croissante de la
quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère à cause du recours aux combustibles
fossiles et des déforestations. Rien n’est encore sûr en la matière, mais on peut
craindre, comme des modèles le suggèrent, une accentuation du léger réchauffement
que le globe connaît depuis un siècle. Dans de telles conditions, le niveau de la mer
devrait continuer à s’élever, sans doute même à une vitesse plus rapide. On ne pense
plus actuellement à l’éventualité d’une déstabilisation prochaine des inlandsis
polaires et on a donc révisé à la baisse les prévisions pessimistes à propos de l’élévation du niveau de la mer à attendre dans les décennies à venir. D’après les dernières
estimations disponibles (1995) du Groupe intergouvememental sur l’évolution du
climat, le niveau de la mer pourrait s’élever de 15 à 95 cm d’ici à 2100, la valeur la
plus probable se situant vers 50 cm. Pour le moment, les premières mesures obtenues par le satellite franco-américain Topex-Poséidon, lancé en 1992, confirment
l’élévation en cours du niveau de la mer, plus rapide que celle déduite des relevés
marégraphiques puisqu’elle serait de l’ordre de 3 mm/an.
Même limitée à quelques dizaines de centimètres, l’élévation prédite du niveau
de la mer devrait avoir des effets sur les régions côtières stables et plus encore sur
celles qui sont subsidentes. Des terres littorales basses seront submergées
(photo 2). Les intrusions salines pénétreront plus à l’amont dans les estuaires.
L’attaque des falaises par les vagues sera renforcée. Des plages seront rongées par
l’érosion. Des transformations morphologiques non négligeables sont donc attendues de la hausse annoncée du niveau de la mer et il convient d’en tenir compte
dans les projets d’aménagement des rivages marins.
Fig. 6. — Courbe des variations du niveau relatif de la mer à Brest depuis 1860,
faisant apparaître une élévation de ce niveau de 1,23 mm/an (d’après I. Stemmelin, 1995).
Précédent

- 17/262

Suivant