Les lagunes
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eaux peuvent, en période d’inondation, arriver jusqu'à elle; aux vents d’est qui sont
capables d’agir par déflation sur le cordon littoral sableux. La composante organique de la sédimentation montre une fraction biodétritique d’abord abondante,
puis subordonnée à des restes de plantes, évolution qui témoigne de la transformation, liée au confinement progressif de la lagune, d’un milieu dont l’eau est
devenue de moins en moins salée avec le temps. Le terme de mata est utilisé localement pour désigner un îlot affleurant près de la rive, constitué essentiellement de
matière végétale. Nombreux, ces îlots contribuent au colmatage de la lagune en se
multipliant et en s’agrandissant.
Mais c’est avant tout l’aménagement, à partir de la seconde moitié du xvme siècle,
de la marjal, terme général désignant les rizières, qui est responsable de la réduction
drastique de l’extension de VAlbufera. Qu’on en juge. En 1761 sa superficie était de
140 km2, en 1820 de 100 km2, en 1863 de 82 km2, en 1877 de 50 km2, en 1903 de
33 km2, en 1944 de 29 km2. Sa profondeur varie entre 0,5 et 2 m. L’extension des
rizières aux dépens de VAlbufera s’est faite par le système de l’aterrament qui impliquait le transport par barque et le déversement de terre ou de boue, le volume de ces
matériaux étant d’environ 1 200 tonnes pour le remblayage d’un hectare de rizière.
Il convient d’ajouter que les eaux de la lagune résiduelle sont fortement polluées
par des effluents urbains et industriels auxquels s’ajoutent les décharges des rizières
contaminées par des engrais et des pesticides. Leur faible profondeur, leur mauvaise
circulation, la forte évaporation, l’abondance des nutriments, la prolifération de leur
biomasse qui peut excéder 150 mg/1, leur manque d’oxygène expliquent une forte
eutrophisation malgré l’existence de résurgences internes, les ullals.
VAlbufera représente cependant encore par son extension la première lagune
d’Espagne. On essaye aujourd’hui de sauvegarder et d’assainir ce qu’il en reste.
Depuis 1986 elle a été érigée en parc naturel. La Devesa d’El Saler, la barrière
sableuse, large en moyenne de 1 km, qui la sépare de la mer, fait aussi l’objet d’une
protection et même d’une entreprise de restauration. Au début des années soixantedix, elle avait suscité la convoitise des aménageurs et un vaste projet d’urbanisation à finalité touristique avait été lancé. Un début de réalisation avait entraîné la
destruction de vastes espaces dunaires. Les travaux ont été arrêtés, des infrastructures déjà mises en place on été détruites et des efforts sont en cours pour recréer
à les dunes qui avaient été nivelées. La lagune de Valence devrait ainsi échapper à
§ une disparition annoncée.
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Orientation bibliographique
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