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Les littoraux
des rivages où la remontée de la mer s’est poursuivie jusque très récemment et où
sa position n’a jamais été aussi haute que de nos jours (côte atlantique des U.S.A.,
côte de l’Europe occidentale). De fait, il est maintenant établi, à la suite de recherches menées entre 1974 et 1982 dans le cadre d’un projet international patronné
par l’Unesco et l’Union internationale des sciences géologiques, qu’au cours des
derniers millénaires la transgression flandrienne n’a pas été uniforme et qu’il est
illusoire d’essayer de tracer pour cette période une courbe eustatique de valeur
planétaire, comme celle définie naguère par R.W. Fairbridge (1961) ou celle
proposée ensuite par F.P. Shepard (1963). Les polémiques qui ont opposé les
tenants de l’une ou de l’autre sont aujourd’hui dépassées. Il existe des différences
d’un endroit à l’autre qui ne sont pas dues seulement à des mouvement tectoniques
locaux, mais qui s’expliquent surtout par l’istostasie glaciaire dans les hautes et
moyennes latitudes, et par l’hydro-isostasie ailleurs. Les manifestations de ces
deux phénomènes ont été d’autant plus sensibles que les effets de la composante
glacio-eustatique s’atténuaient à mesure que s’achevait la restitution aux océans de
l’eau stockée dans les inlandsis canadien et fennoscandien. On peut donc affirmer
que la transgression flandrienne n’a pas été synchrone, surtout dans les derniers
millénaires, à l’échelle du globe et que chaque région a sa propre courbe de
remontée du niveau de la mer pendant l’Holocène.
Il est important de connaître ce qu’ont été, dans une région donnée, les variations récentes du niveau de la mer car elles permettent de comprendre la
morphologie actuelle du littoral. Sur la côte atlantique des U.S.A., où ce niveau n’a
jamais été aussi haut qu’aujourd’hui pendant l’Holocène, existe un long chapelet
d’îles-barrières qui isolent des lagunes, tel le Pamlico Sound en arrière des flèches
sableuses qui se rejoignent au cap Hatteras (fig. 5 A). L’aspect du rivage est tout à
fait différent dans la partie centrale du Brésil, au sud de Salvador, où le niveau de
la mer a atteint presque + 5 m vers 5 000 ans B.P. avant de s’abaisser, en oscillant,
jusqu’à sa position d’aujourd’hui. Cette émersion représente une donnée essentielle pour la compréhension de l’évolution récente de cette côte caractérisée par
l’existence de plaines côtières étendues, comme celle qui s’est développée à
l’embouchure du Rio Doce (fig. 5 C). L’étude du terrain (Martin et al., 1983) a
montré que les sédiments qui constituent ces plaines proviennent essentiellement,
non des rivières, mais de la plate-forme continentale grâce à l’abaissement de la
mer qui a permis leur mobilisation par les vagues et leur accumulation par les
courants littoraux. Cependant, il y a 5 000 ans, lors de la culmination de la transgression holocène au-dessus du niveau marin actuel, la côte du Rio Doce
ressemblait beaucoup (fig. 5 B) à celle du cap Hatteras, parce que, comme ici
aujourd’hui, la tendance était à l’élévation du niveau de la mer.
Sur les côtes où s’exprime encore un soulèvement actif d’origine glacio-isostatique (plus de 5 mm/an), la progradation des rivages est la règle. Les falaises sont
rares. La morphologie littorale est caractérisée par des plaines de régression
marine qui se relèvent rapidement vers l’intérieur des terres. La topographie de
détail montre des bourrelets pierreux continus, peu élevés, parfois couverts par des
sables éoliens, parallèles entre eux, qui représentent d’anciens cordons de plage
bien conservés. C’est le cas entre Sükajoki et Kokkola, dans le golfe de Botnie, en
Finlande, où 130 anciens cordons littoraux étagés construits au cours des 3 000
dernières années ont été identifiés. Là où débouchent des rivières, l’émersion favorise la formation de deltas, fréquents sur les littoraux de l’océan Arctique.
Les littoraux
des rivages où la remontée de la mer s’est poursuivie jusque très récemment et où
sa position n’a jamais été aussi haute que de nos jours (côte atlantique des U.S.A.,
côte de l’Europe occidentale). De fait, il est maintenant établi, à la suite de recherches menées entre 1974 et 1982 dans le cadre d’un projet international patronné
par l’Unesco et l’Union internationale des sciences géologiques, qu’au cours des
derniers millénaires la transgression flandrienne n’a pas été uniforme et qu’il est
illusoire d’essayer de tracer pour cette période une courbe eustatique de valeur
planétaire, comme celle définie naguère par R.W. Fairbridge (1961) ou celle
proposée ensuite par F.P. Shepard (1963). Les polémiques qui ont opposé les
tenants de l’une ou de l’autre sont aujourd’hui dépassées. Il existe des différences
d’un endroit à l’autre qui ne sont pas dues seulement à des mouvement tectoniques
locaux, mais qui s’expliquent surtout par l’istostasie glaciaire dans les hautes et
moyennes latitudes, et par l’hydro-isostasie ailleurs. Les manifestations de ces
deux phénomènes ont été d’autant plus sensibles que les effets de la composante
glacio-eustatique s’atténuaient à mesure que s’achevait la restitution aux océans de
l’eau stockée dans les inlandsis canadien et fennoscandien. On peut donc affirmer
que la transgression flandrienne n’a pas été synchrone, surtout dans les derniers
millénaires, à l’échelle du globe et que chaque région a sa propre courbe de
remontée du niveau de la mer pendant l’Holocène.
Il est important de connaître ce qu’ont été, dans une région donnée, les variations récentes du niveau de la mer car elles permettent de comprendre la
morphologie actuelle du littoral. Sur la côte atlantique des U.S.A., où ce niveau n’a
jamais été aussi haut qu’aujourd’hui pendant l’Holocène, existe un long chapelet
d’îles-barrières qui isolent des lagunes, tel le Pamlico Sound en arrière des flèches
sableuses qui se rejoignent au cap Hatteras (fig. 5 A). L’aspect du rivage est tout à
fait différent dans la partie centrale du Brésil, au sud de Salvador, où le niveau de
la mer a atteint presque + 5 m vers 5 000 ans B.P. avant de s’abaisser, en oscillant,
jusqu’à sa position d’aujourd’hui. Cette émersion représente une donnée essentielle pour la compréhension de l’évolution récente de cette côte caractérisée par
l’existence de plaines côtières étendues, comme celle qui s’est développée à
l’embouchure du Rio Doce (fig. 5 C). L’étude du terrain (Martin et al., 1983) a
montré que les sédiments qui constituent ces plaines proviennent essentiellement,
non des rivières, mais de la plate-forme continentale grâce à l’abaissement de la
mer qui a permis leur mobilisation par les vagues et leur accumulation par les
courants littoraux. Cependant, il y a 5 000 ans, lors de la culmination de la transgression holocène au-dessus du niveau marin actuel, la côte du Rio Doce
ressemblait beaucoup (fig. 5 B) à celle du cap Hatteras, parce que, comme ici
aujourd’hui, la tendance était à l’élévation du niveau de la mer.
Sur les côtes où s’exprime encore un soulèvement actif d’origine glacio-isostatique (plus de 5 mm/an), la progradation des rivages est la règle. Les falaises sont
rares. La morphologie littorale est caractérisée par des plaines de régression
marine qui se relèvent rapidement vers l’intérieur des terres. La topographie de
détail montre des bourrelets pierreux continus, peu élevés, parfois couverts par des
sables éoliens, parallèles entre eux, qui représentent d’anciens cordons de plage
bien conservés. C’est le cas entre Sükajoki et Kokkola, dans le golfe de Botnie, en
Finlande, où 130 anciens cordons littoraux étagés construits au cours des 3 000
dernières années ont été identifiés. Là où débouchent des rivières, l’émersion favorise la formation de deltas, fréquents sur les littoraux de l’océan Arctique.
