54 • Première partie: Atlantique
véritable bouturage naturel. Cette capacité à vivre non fixée est une
propriété remarquable commune aux Algues: séparées de leur support
de fixation, elles peuvent vivre longtemps en conditions favorables de
lumière, de température et de qualité nutritionnelle. Souvent, elles ne se
reproduisent alors plus que par voie végétative. Une telle capacité est
utilisée pour les cultures d'Algues en bassin clos, où les individus sont
libres de tout support.
La plupart des Ulvales sont euryhalines : elles supportent de grandes
variations de salinité; elles sont donc parfaitement adaptées à ces milieux
à salinité variable que sont les estuaires et les bas de plages où se déversent des ruisseaux d'eau douce.
Les Algues vertes sont également eurythermes. La température des eaux
modérément brassées et peu profondes peut s'élever à des valeurs qui
favorisent leur métabolisme.
Les sels nutritifs présents normalement dans l'eau de mer proviennent
pour une part des apports terrigènes, pour une autre part de la décomposition des organismes marins. Si, pour une raison quelconque, l’apport
devient excessif, on parle d'eutrophisation. En mer ouverte et fortement
brassée, les nutriments se trouvent rapidement dilués et utilisés par les
Algues phytoplanctoniques. Dans le cas d’eutrophisation, on observe alors
des eaux dites décolorées (eaux rouges ou eaux brunes), provoquées par la
prolifération d'une ou deux espèces planctoniques particulièrement sensibles, avec de lourdes conséquences pour certaines activités humaines. Mais
lorsque la côte présente des particularités hydrodynamiques et topographiques qui retiennent et piègent les nutriments, comme les lagunes ou
les baies sableuses, où les seuls consommateurs potentiels présents, également piégés, sont des Ulvales libres, leur développement se déclenche et
le milieu naturel devient alors une sorte de vaste système aquacole non
contrôlé, non souhaité et non maîtrisable où elles échappent en plus à
leurs prédateurs habituels, les Gastéropodes brouteurs benthiques. La
combinaison de telles conditions avec un déversement intensif d'éléments
nutritifs constitue une situation idéale pour leur pullulation. Les Algues
vertes forment, alors, ce qu'il est convenu d'appeler «un rideau», qui peut
être très dense et peut atteindre, en certains endroits, 1 m de profondeur.
Finalement, à marée haute, suivant en cela le sort de toute épave entraînée passivement par les mouvements de la mer, les Algues vertes viennent s’échouer sur l'estran. Lorsque la mer se retire, elle dépose, à chaque
reflux, son fardeau d'Algues en couches successives, qui finiront par
former, dans certaines baies, de vastes accumulations; ici, l'expression
«marée verte» prend tout son sens.
Les Algues vertes supportent généralement mal l'émersion. Sur les
rochers de l’estran, celles qui se trouvent exposées longuement à la basse
mer blanchissent. De la même manière, échouées en haut de plage, elles
meurent et se décomposent. Leur accumulation constitue des amas dont
la couche supérieure se dessèche, formant une croûte blanche qui les
isole de 1 atmosphère et favorise l'action des Bactéries anaérobies. Lorsque
véritable bouturage naturel. Cette capacité à vivre non fixée est une
propriété remarquable commune aux Algues: séparées de leur support
de fixation, elles peuvent vivre longtemps en conditions favorables de
lumière, de température et de qualité nutritionnelle. Souvent, elles ne se
reproduisent alors plus que par voie végétative. Une telle capacité est
utilisée pour les cultures d'Algues en bassin clos, où les individus sont
libres de tout support.
La plupart des Ulvales sont euryhalines : elles supportent de grandes
variations de salinité; elles sont donc parfaitement adaptées à ces milieux
à salinité variable que sont les estuaires et les bas de plages où se déversent des ruisseaux d'eau douce.
Les Algues vertes sont également eurythermes. La température des eaux
modérément brassées et peu profondes peut s'élever à des valeurs qui
favorisent leur métabolisme.
Les sels nutritifs présents normalement dans l'eau de mer proviennent
pour une part des apports terrigènes, pour une autre part de la décomposition des organismes marins. Si, pour une raison quelconque, l’apport
devient excessif, on parle d'eutrophisation. En mer ouverte et fortement
brassée, les nutriments se trouvent rapidement dilués et utilisés par les
Algues phytoplanctoniques. Dans le cas d’eutrophisation, on observe alors
des eaux dites décolorées (eaux rouges ou eaux brunes), provoquées par la
prolifération d'une ou deux espèces planctoniques particulièrement sensibles, avec de lourdes conséquences pour certaines activités humaines. Mais
lorsque la côte présente des particularités hydrodynamiques et topographiques qui retiennent et piègent les nutriments, comme les lagunes ou
les baies sableuses, où les seuls consommateurs potentiels présents, également piégés, sont des Ulvales libres, leur développement se déclenche et
le milieu naturel devient alors une sorte de vaste système aquacole non
contrôlé, non souhaité et non maîtrisable où elles échappent en plus à
leurs prédateurs habituels, les Gastéropodes brouteurs benthiques. La
combinaison de telles conditions avec un déversement intensif d'éléments
nutritifs constitue une situation idéale pour leur pullulation. Les Algues
vertes forment, alors, ce qu'il est convenu d'appeler «un rideau», qui peut
être très dense et peut atteindre, en certains endroits, 1 m de profondeur.
Finalement, à marée haute, suivant en cela le sort de toute épave entraînée passivement par les mouvements de la mer, les Algues vertes viennent s’échouer sur l'estran. Lorsque la mer se retire, elle dépose, à chaque
reflux, son fardeau d'Algues en couches successives, qui finiront par
former, dans certaines baies, de vastes accumulations; ici, l'expression
«marée verte» prend tout son sens.
Les Algues vertes supportent généralement mal l'émersion. Sur les
rochers de l’estran, celles qui se trouvent exposées longuement à la basse
mer blanchissent. De la même manière, échouées en haut de plage, elles
meurent et se décomposent. Leur accumulation constitue des amas dont
la couche supérieure se dessèche, formant une croûte blanche qui les
isole de 1 atmosphère et favorise l'action des Bactéries anaérobies. Lorsque
