La végétation marine atlantique *31
Sur les côtes atlantiques européennes, deux régions se succèdent ainsi
du nord au sud. Le domaine côtier qui s'étend de l'Islande à l'ouest de
l'Irlande est une région boréo-atlantique, de climat tempéré froid. Une
région méditerranéo-atlantique, de climat tempéré chaud, lui fait suite
jusqu'au niveau de la Mauritanie. Au sein de cette région, la province lusitanienne intéresse plus particulièrement les côtes atlantiques européennes. Il ne faudrait pas se représenter le passage d'une région à l'autre
comme un renouvellement soudain du peuplement végétal; les espèces
qui les caractérisent n'ont pas nécessairement des limites étroitement
concordantes et nombre d'espèces habitent les deux régions. Enfin, il
semble bien que la compétition interspécifique n'intervienne guère à cette
échelle de distribution.
C'est dans la zone de transition entre les deux régions, c'est-à-dire de
la Bretagne à l'Irlande, que l'on rencontre les plus grandes richesses floristiques de l'Atlantique nord-est. Ainsi, les espèces présentées dans ce guide
sont presque toutes communes sur les côtes de Bretagne, site de choix
pour qui veut découvrir la diversité de la flore atlantique européenne.
Constance et fluctuations de la flore;
< arrivées exotiques et problèmes d'intégration
La flore marine de l'Atlantique nord européen compte actuellement plus
de 800 espèces recensées. Malgré les variations saisonnières liées à la biologie des espèces et aux rythmes annuels du climat, la végétation présente,
en un site donné, une constance remarquable, et le cycle d'apparition et
de disparition des espèces éphémères demeure généralement immuable
d'une année à l’autre. Indépendamment de ce fait, la surveillance à long
terme de l'ensemble de la flore permet de mettre en évidence d'autres fluctuations qui sont de deux types :
les « disparitions » : peu fréquentes et généralement inexpliquées, elles
peuvent être de longue durée, paraissant alors définitives (cas de Fucus
lutarius dans certains de ses biotopes), ou bien n'être que de simples éclipses de plusieurs années, également sans cause apparente (cas de Fucus
cottouii, de fania rubens), qui passent souvent inaperçues;
les «apparitions»; elles sont le plus souvent le fait d'espèces en voie de
migration. Dans le cas le plus simple, des changements climatiques même
faibles (légères variations des maxima ou des minima de température ou
quelques dixièmes de degré de différence sur la moyenne annuelle de
température) peuvent entraîner une modification des limites de distribution d'espèces indigènes. À ces fluctuations d'origine climatique s'ajoutent des apports exotiques (introductions), généralement peu fréquents,
mais parfois fort spectaculaires de par l'explosion démographique que
certaines espèces ainsi importées manifestent plus ou moins longuement
au cours de leur phase d'installation. Ainsi a été introduit, au début du
xxe siècle, Colpomenia peregrma. Originaire du Pacifique, l’espèce fut observée pour la première fois dans les parcs à huîtres de Bretagne et s'étendit
Sur les côtes atlantiques européennes, deux régions se succèdent ainsi
du nord au sud. Le domaine côtier qui s'étend de l'Islande à l'ouest de
l'Irlande est une région boréo-atlantique, de climat tempéré froid. Une
région méditerranéo-atlantique, de climat tempéré chaud, lui fait suite
jusqu'au niveau de la Mauritanie. Au sein de cette région, la province lusitanienne intéresse plus particulièrement les côtes atlantiques européennes. Il ne faudrait pas se représenter le passage d'une région à l'autre
comme un renouvellement soudain du peuplement végétal; les espèces
qui les caractérisent n'ont pas nécessairement des limites étroitement
concordantes et nombre d'espèces habitent les deux régions. Enfin, il
semble bien que la compétition interspécifique n'intervienne guère à cette
échelle de distribution.
C'est dans la zone de transition entre les deux régions, c'est-à-dire de
la Bretagne à l'Irlande, que l'on rencontre les plus grandes richesses floristiques de l'Atlantique nord-est. Ainsi, les espèces présentées dans ce guide
sont presque toutes communes sur les côtes de Bretagne, site de choix
pour qui veut découvrir la diversité de la flore atlantique européenne.
Constance et fluctuations de la flore;
< arrivées exotiques et problèmes d'intégration
La flore marine de l'Atlantique nord européen compte actuellement plus
de 800 espèces recensées. Malgré les variations saisonnières liées à la biologie des espèces et aux rythmes annuels du climat, la végétation présente,
en un site donné, une constance remarquable, et le cycle d'apparition et
de disparition des espèces éphémères demeure généralement immuable
d'une année à l’autre. Indépendamment de ce fait, la surveillance à long
terme de l'ensemble de la flore permet de mettre en évidence d'autres fluctuations qui sont de deux types :
les « disparitions » : peu fréquentes et généralement inexpliquées, elles
peuvent être de longue durée, paraissant alors définitives (cas de Fucus
lutarius dans certains de ses biotopes), ou bien n'être que de simples éclipses de plusieurs années, également sans cause apparente (cas de Fucus
cottouii, de fania rubens), qui passent souvent inaperçues;
les «apparitions»; elles sont le plus souvent le fait d'espèces en voie de
migration. Dans le cas le plus simple, des changements climatiques même
faibles (légères variations des maxima ou des minima de température ou
quelques dixièmes de degré de différence sur la moyenne annuelle de
température) peuvent entraîner une modification des limites de distribution d'espèces indigènes. À ces fluctuations d'origine climatique s'ajoutent des apports exotiques (introductions), généralement peu fréquents,
mais parfois fort spectaculaires de par l'explosion démographique que
certaines espèces ainsi importées manifestent plus ou moins longuement
au cours de leur phase d'installation. Ainsi a été introduit, au début du
xxe siècle, Colpomenia peregrma. Originaire du Pacifique, l’espèce fut observée pour la première fois dans les parcs à huîtres de Bretagne et s'étendit
