A quelques milles au sud de Grande Terre émerge, au ras de l'eau, la petite île des Pins, qui est exclusivement consti
tuée de roches d'ongine corallienne et de coraux vivants.
Entre la mer et les récifs-barrières de Grande Terre. l’île des Pins est le coeur d'un petit archipel qui vit au rythme
des marées. Cet ensemble n'a pas de forme ni de limites bien définies. Il n’est ni tout à fait rond ni tout à fait rec
tangulaire. Il peut paraître circulaire au milieu de la journée, pour prendre ensuite une forme étoilée en fin d'aprèsmidi, quand, avec la marée descendante, les eaux abandonnent les terres qu'elles recouvraient auparavant et
s écoulent par les canaux sablonneux qui circulent au milieu des formations de conifères Et tout cela évolue, e trans
forme de jour en jour selon les déplacements de la Lune autour de la Terre. La jungle épaisse qui occupe le centre
de I*î1e fait peu à peu place à des formations mixtes de conifères et de palmiers au voisinage de la côte ou. plus exac
tement au voisinage de l'eau, puisqu'il est difficile de tracer les contours d'un littoral précis et de déterminer si telle
ou telle langue de terre est une île ou un prolongement de la côte. Même les nombreux lagons ne semblent pas
avoir encore décidé s'ils appartenaient à la terre ou à la mer Leurs fonds sont entièrement recouverts de ‘«iWe corallien ou de massifs de madrépores vivants. Par endroits, d'imposants champignons rocheux émergent au-dessus de la
transparence du lagon. Il s'agit de colonies coralliennes fossilisées, qui faisaient partie des fonds marins quand les eaux
étaient plus profondes et que l’île des Pins n'était encore qu'un récif à demi submergé
Dans l'intention de suivre les contours de l’île pour essayer de découvnr où s'arrêtait la mer et où commençait la
terre, nous partîmes sur une pirogue à balancier gréée d'une voile. Le vent frais qui soufflait de l'océan nous pous
sait le long d'une sorte de fleuve d'eau salée enserré entre des bordures coralliennes et une végétation fore itère
s'étendant jusqu'au sable blanc de la nve. Le fond défilait au-dessous de nous, la cristalline transparence de l'eau nous
permettant d'apercevoir au passage un énorme madrépore, le nid d'un baliste aux vives couleurs et une gt mde g<><
gone rouge affleurant la surface, le fort courant de la marée montante faisant vibrer ses ramifications Nous somme,
entrés dans de grands lacs, apparemment clos de toutes parts, mais manifestement en communication avec la met
d'une façon ou d’une autre. Dans cet étrange no man's land aquatique circulaient des bancs entiers de lutj.imdés
Cette nuit-là, nous décidâmes de plonger, avec pour objectif d'observer un amas de madrépores fixé sur un fond d'à
peine 6 mètres, lieu de rendez-vous nocturne, d'après ce qu'on nous avait dit de quelques tortue-, géantes et de nom
breux serpents de mer Le faisceau
de nos torches attirait une nuée
grouillante de créatures planctoniques : minuscules poissons, petites
crevettes, annélides semblables à des
mille-pattes, méduses miniatures.
Cette lumière artificielle introduite
par l'homme avait quelque chose
d'étrange, de déplacé, dans un tel
contexte. Elle dérangeait elle rompait la magie de la nuit profanant
ce sanctuaire de sécurité, cet abn
que les animaux se construisent
dans les ténèbres.
tuée de roches d'ongine corallienne et de coraux vivants.
Entre la mer et les récifs-barrières de Grande Terre. l’île des Pins est le coeur d'un petit archipel qui vit au rythme
des marées. Cet ensemble n'a pas de forme ni de limites bien définies. Il n’est ni tout à fait rond ni tout à fait rec
tangulaire. Il peut paraître circulaire au milieu de la journée, pour prendre ensuite une forme étoilée en fin d'aprèsmidi, quand, avec la marée descendante, les eaux abandonnent les terres qu'elles recouvraient auparavant et
s écoulent par les canaux sablonneux qui circulent au milieu des formations de conifères Et tout cela évolue, e trans
forme de jour en jour selon les déplacements de la Lune autour de la Terre. La jungle épaisse qui occupe le centre
de I*î1e fait peu à peu place à des formations mixtes de conifères et de palmiers au voisinage de la côte ou. plus exac
tement au voisinage de l'eau, puisqu'il est difficile de tracer les contours d'un littoral précis et de déterminer si telle
ou telle langue de terre est une île ou un prolongement de la côte. Même les nombreux lagons ne semblent pas
avoir encore décidé s'ils appartenaient à la terre ou à la mer Leurs fonds sont entièrement recouverts de ‘«iWe corallien ou de massifs de madrépores vivants. Par endroits, d'imposants champignons rocheux émergent au-dessus de la
transparence du lagon. Il s'agit de colonies coralliennes fossilisées, qui faisaient partie des fonds marins quand les eaux
étaient plus profondes et que l’île des Pins n'était encore qu'un récif à demi submergé
Dans l'intention de suivre les contours de l’île pour essayer de découvnr où s'arrêtait la mer et où commençait la
terre, nous partîmes sur une pirogue à balancier gréée d'une voile. Le vent frais qui soufflait de l'océan nous pous
sait le long d'une sorte de fleuve d'eau salée enserré entre des bordures coralliennes et une végétation fore itère
s'étendant jusqu'au sable blanc de la nve. Le fond défilait au-dessous de nous, la cristalline transparence de l'eau nous
permettant d'apercevoir au passage un énorme madrépore, le nid d'un baliste aux vives couleurs et une gt mde g<><
gone rouge affleurant la surface, le fort courant de la marée montante faisant vibrer ses ramifications Nous somme,
entrés dans de grands lacs, apparemment clos de toutes parts, mais manifestement en communication avec la met
d'une façon ou d’une autre. Dans cet étrange no man's land aquatique circulaient des bancs entiers de lutj.imdés
Cette nuit-là, nous décidâmes de plonger, avec pour objectif d'observer un amas de madrépores fixé sur un fond d'à
peine 6 mètres, lieu de rendez-vous nocturne, d'après ce qu'on nous avait dit de quelques tortue-, géantes et de nom
breux serpents de mer Le faisceau
de nos torches attirait une nuée
grouillante de créatures planctoniques : minuscules poissons, petites
crevettes, annélides semblables à des
mille-pattes, méduses miniatures.
Cette lumière artificielle introduite
par l'homme avait quelque chose
d'étrange, de déplacé, dans un tel
contexte. Elle dérangeait elle rompait la magie de la nuit profanant
ce sanctuaire de sécurité, cet abn
que les animaux se construisent
dans les ténèbres.
