Il faut faire une place à part au poisson-chauve-souris des Galapagos
(Ogcocephalus darwini), une espèce quasi endémique. Fréquentant surtout les
fonds détritiques, c'est un étrange animal, qui se signale par des lèvres d’un
rouge intense et une sorte de come au milieu du front II se tient généralement dressé sur ses nageoires pectorales, comme le font les phoques.
Lorsqu'on s'en approche, il s'enfuit sans que l'on sache très bien si c'est en
nageant, en sautillant ou en « marchant » sur ses nageoires.
Cette façon de se déplacer me donne l'occasion d'évoquer une autre expérience insolite que je vécus à Marcena. la plus septentrionale des îles du
Nord. Je nageais au-dessus d'une étendue de sable, lorsque mon attention
fut attirée par un affleurement rocheux qui. de loin, semblait grouiller de vie.
En fait, il y avait là. s'étendant à perte de vue sur le sable entourant cet affleurement. des milliers et des milliers de « gringos », des serranidés d'une
espèce assez commune (Paronthias colonus), tous couchés sur le flanc et la
tète tournée dans la même direction. Au fur et à mesure que je m’approchais. ils avançaient d'une distance égale à la mienne, ce qui m'empêchait de
les rejoindre. Cet aspect surprenant de la vie aquatique me rappela une
expérience analogue, mais terrestre celle-là. qui m’était arrivée bien des
années auparavant en bordure du lac Nakuru, au Kenya, où vivaient une
grande quantité de flamants. Désireux de les photographier, je m’avançais
vers eux. Mais, en même temps, eux se déplaçaient imperceptiblement de
sorte qu'il y avait toujours la même distance entre ces oiseaux et moi. J'eus
cependant un peu plus de chance avec les poissons, qui me laissèrent approcher suffisamment pour que je puisse prendre une photo, la dernière de ce
séjour aux Islas Encantadas.
(VP)
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