«
ai parcouru à peu près toutes les mers du monde, mais chaque fois que je
c
m'immerge en Méditerranée, « ma mer », c’est comme si je retrouvais un vieil
ami qui a toujours quelque chose de nouveau à me raconter De jour comme
u
de nuit au large ou près de la côte, dans une île ou en vue d’un port je n'ai
“
jamais effectué de plongée dans cette mer qui m’ait laissé sur ma faim, chacune
imprégnant ma mémoire d’images dont j'ai l'impression d'avoir été le seul des■o
tinataire, même quand je me trouvais en compagnie d'autnes plongeurs.
•
C’est que la Méditerranée sait se montrer généreuse à legard de ceux qui
l'aiment et sont désireux de la découvnr sans la brusquer. Avec les autres
1
mers, le contact est souvent plus immédiat, chacune révélant d’emblée, sans
-*
mystère, la richesse de ses couleurs et de ses diverses formes de vie, petites
«
et gigantesques.
-
Avec la Méditerranée, c’est différent. Elle ne se laisse pas facilement approcher. Si l'on veut la découvrir, il faut savoir en observer l’une après l'autre,
patiemment, les multiples facettes. Ses couleurs changent au cours de
l'année. Une violente tempête peut transformer radicalement l’aspect de certains fonds. Il suffit d’un promontoire pour créer deux environnements
différents : d'un côté des rochers, de l'autre du sable et des posidonies. Si
l'on admet cela, si on le comprend, si l’on accepte les règles subtiles et capricieuses de ce jeu de séduction, alors seulement il devient possible d'y participer pleinement et de se sentir en harmonie avec ce monde.
La première fois que j'ai vu du corail rouge, c’était à Procida, une petite île
proche du golfe de Naples. J’avais 21 ans et les frissons qui me parcouraient
ce jour-là n'étaient pas seulement dus à lemotion : nous étions en novembre
et à plus de 60 mètres de profondeur l'eau était glaciale. De plus, c'était la
première fois que j'utilisais un scaphandre autonome.
Mais mon enthousiasme juvénile finit par prendre le dessus quand j'atteignis
des profondeurs qui m'avaient été jusqu'alors interdites. J'attendais impatiemment la « récompense » évoquée avec des airs mystérieux par les plongeurs plus expérimentés qui m'avaient aidé à m’équiper Et bientôt elle fut
là. L’eaChétait très claire et. vers 60 mètres, m'apparut un sorte de duvet
blanc, moelleux, vivant.
ai parcouru à peu près toutes les mers du monde, mais chaque fois que je
c
m'immerge en Méditerranée, « ma mer », c’est comme si je retrouvais un vieil
ami qui a toujours quelque chose de nouveau à me raconter De jour comme
u
de nuit au large ou près de la côte, dans une île ou en vue d’un port je n'ai
“
jamais effectué de plongée dans cette mer qui m’ait laissé sur ma faim, chacune
imprégnant ma mémoire d’images dont j'ai l'impression d'avoir été le seul des■o
tinataire, même quand je me trouvais en compagnie d'autnes plongeurs.
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C’est que la Méditerranée sait se montrer généreuse à legard de ceux qui
l'aiment et sont désireux de la découvnr sans la brusquer. Avec les autres
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mers, le contact est souvent plus immédiat, chacune révélant d’emblée, sans
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mystère, la richesse de ses couleurs et de ses diverses formes de vie, petites
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et gigantesques.
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Avec la Méditerranée, c’est différent. Elle ne se laisse pas facilement approcher. Si l'on veut la découvrir, il faut savoir en observer l’une après l'autre,
patiemment, les multiples facettes. Ses couleurs changent au cours de
l'année. Une violente tempête peut transformer radicalement l’aspect de certains fonds. Il suffit d’un promontoire pour créer deux environnements
différents : d'un côté des rochers, de l'autre du sable et des posidonies. Si
l'on admet cela, si on le comprend, si l’on accepte les règles subtiles et capricieuses de ce jeu de séduction, alors seulement il devient possible d'y participer pleinement et de se sentir en harmonie avec ce monde.
La première fois que j'ai vu du corail rouge, c’était à Procida, une petite île
proche du golfe de Naples. J’avais 21 ans et les frissons qui me parcouraient
ce jour-là n'étaient pas seulement dus à lemotion : nous étions en novembre
et à plus de 60 mètres de profondeur l'eau était glaciale. De plus, c'était la
première fois que j'utilisais un scaphandre autonome.
Mais mon enthousiasme juvénile finit par prendre le dessus quand j'atteignis
des profondeurs qui m'avaient été jusqu'alors interdites. J'attendais impatiemment la « récompense » évoquée avec des airs mystérieux par les plongeurs plus expérimentés qui m'avaient aidé à m’équiper Et bientôt elle fut
là. L’eaChétait très claire et. vers 60 mètres, m'apparut un sorte de duvet
blanc, moelleux, vivant.
