Parmi les souvenirs les plus vivaces
de mes activités subaquatiques, je
conserve notamment celui de deux
journées passées à Masha Rifa. où
je fus confronté à une incroyable
concentration d'énormes méduses
Aurélie : coupoles translucides marquées de quatre taches violacées
au centre d'une ombrelle à marges
fuchsia. Elles étaient si nombreuses
qu elles couvraient littéralement la
surface de la mer. en formant de
longues perspectives colorées qui
allaient se perdre à l'horizon
Au milieu de cette masse de
méduses (d'une espèce heureusement totalement moffenyve). nous
étions accompagnés, du matin au
soir, par une dizaine de grandes
mantes qui allaient et venaient en
un incessant carrousel. Elles passaient au-dessus de nous, nous touchant presque, s’éloignaient de quelques metn-s
puis revenaient aussitôt, l’une derrière l’autre, en formations de cinq ou six
Ayant épuisé les réserves de nos bouteilles, nous dûmes continuer à nager
en apnée, jusqu’à ce que nous soyons contraints de regagner le bateau pour
reprendre haleine, avant d’aller de nouveau observer et photographier ces
poissons fascinants qui se laissaient caresser Et le soir de la seconde journée,
la dernière de ce bref séjour; c’est avec infiniment de nostalgie que nous
dûmes nous résoudre à les abandonner Aujourd’hui, à des années de dis
tance, il m’arrive encore parfois de me demander si. après notre départ, les
mantes ont pu trouver d’autres amis, d’autres plongeurs qui puissent parta
ger leurs ludiques et gracieuses évolutions.
Je sais bien que de telles préoccupations peuvent prêter à sounre. Mais elles
viennent spontanément à l’esprit lorsqu'on a été confronté à des expé
riences de ce genre, propres à fasciner non seulement le plongeur et le pho
tographe, mais quiconque est capable de se laisser porter par ses émotions.
(VP)
Page ci-contre : ces gorgones (Subergorgia hteksoni) semblent étrangement décolorées. En fait, il s agit d'un effet du flash qui n'a
illuminé, de bas en haut, qu’une partie de leurs ramifications. En haut : un Pseudochromi. fridmani, endémique en mer Rouge,
saisi dans une attitude insolite, entre peur et curiosité. A droite : la vitalité biologique de la mer Rouge se manifeste ici par la
colonisation d'un pneu photographié dans une épave.
r
de mes activités subaquatiques, je
conserve notamment celui de deux
journées passées à Masha Rifa. où
je fus confronté à une incroyable
concentration d'énormes méduses
Aurélie : coupoles translucides marquées de quatre taches violacées
au centre d'une ombrelle à marges
fuchsia. Elles étaient si nombreuses
qu elles couvraient littéralement la
surface de la mer. en formant de
longues perspectives colorées qui
allaient se perdre à l'horizon
Au milieu de cette masse de
méduses (d'une espèce heureusement totalement moffenyve). nous
étions accompagnés, du matin au
soir, par une dizaine de grandes
mantes qui allaient et venaient en
un incessant carrousel. Elles passaient au-dessus de nous, nous touchant presque, s’éloignaient de quelques metn-s
puis revenaient aussitôt, l’une derrière l’autre, en formations de cinq ou six
Ayant épuisé les réserves de nos bouteilles, nous dûmes continuer à nager
en apnée, jusqu’à ce que nous soyons contraints de regagner le bateau pour
reprendre haleine, avant d’aller de nouveau observer et photographier ces
poissons fascinants qui se laissaient caresser Et le soir de la seconde journée,
la dernière de ce bref séjour; c’est avec infiniment de nostalgie que nous
dûmes nous résoudre à les abandonner Aujourd’hui, à des années de dis
tance, il m’arrive encore parfois de me demander si. après notre départ, les
mantes ont pu trouver d’autres amis, d’autres plongeurs qui puissent parta
ger leurs ludiques et gracieuses évolutions.
Je sais bien que de telles préoccupations peuvent prêter à sounre. Mais elles
viennent spontanément à l’esprit lorsqu'on a été confronté à des expé
riences de ce genre, propres à fasciner non seulement le plongeur et le pho
tographe, mais quiconque est capable de se laisser porter par ses émotions.
(VP)
Page ci-contre : ces gorgones (Subergorgia hteksoni) semblent étrangement décolorées. En fait, il s agit d'un effet du flash qui n'a
illuminé, de bas en haut, qu’une partie de leurs ramifications. En haut : un Pseudochromi. fridmani, endémique en mer Rouge,
saisi dans une attitude insolite, entre peur et curiosité. A droite : la vitalité biologique de la mer Rouge se manifeste ici par la
colonisation d'un pneu photographié dans une épave.
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