écologiques
n observant une barrière
corallienne, on se pose
immanquablement
une
question : « Dans un espace
aussi restreint comment
peuvent cohabiter autant
d’organismes différents ayant chacun des exigences spécifiques en
matière d'espace vital et d'alimentation ? » La réponse relève d'un des
fondements de l'écologie : la cohabitation de nombreuses espèces
dépend de la possibilité pour chacune d'elles d'occuper une niche
écologique différente. La notion de
niche écologique peut se comparer
à celle des professions dans une
société humaine : de même que des
commerces identiques ne peuvent
s'établir trop près les uns des autres.
Ci-dessus : quelques mètres carrés de barrière corallienne sont en mesure
d'heberger des dizaines d’espèces différentes, sans qu'aucune d’entre elles ne
provoque l’extinction des autres. Certaines espèces défendent le territoire où elles
trouvent leur nourriture, alors que d’autres occupent plus particulièrement le leur
au moment de la reproduction ou s’en servent comme lieu de rassemblement pour
la formation d'un harem, comme c’est le cas des anthias du type Pseudanthias
tquamipinnii. Les territoires peuvent en outre changer périodiquement, comme
chez les poissons-écureuils rouges, qui sont sédentaires le jour et errants la nuit.
une portion de récif (ou de tout
autre type d'environnement) ne
peut héberger deux espèces qui ont
les mêmes exigences écologiques.
Cela déterminerait en effet une
concurrence qui aboutirait à la disparition de l’une des deux rivales,
risquant de nuire à l'équilibre de
l'ensemble des organismes présents.
Faire la distinction entre deux niches
écologiques n’est pas difficile lorsqu'on est en présence de grands
espaces et d’organismes très différents. Il n’est guère étonnant qu'un
requin et une crevette puissent
vivre côte à côte le long d’une barrière corallienne, ou qu’un polype et
une saupe cohabitent dans un herCi-dessus : les pomacentridés (ici, une castagnole) sont l’une des nombreuses
familles chez lesquelles on peut voir des jeunes de plusieurs espèces partager
un même habitat. Une fois qu’ils sont adultes, en revanche, ces poissons
manifestent le plus souvent un comportement territorial, avec des niches
écologiques bien définies. Certaines espèces herbivores, par exemple, chassent
de leur territoire tous les autres poissons qui ont les mêmes habitudes
alimentaires, favorisant ainsi la croissance de jardins d’algues dont ils se
réservent l’exclusivité. A gauche : le poisson-globe Arothron nigropunctatus est
un habitant typique des barrières coralliennes, où on le trouve souvent posté
à l’entrée des failles et des crevasses. Doté de robustes dents se rejoignant
en une sorte de bec quadripartite, il se nourrit de coraux, d’éponges, d’ascidies
et d’algues, cette diversité alimentaire lui valant d’avoir peu de concurrents.
n observant une barrière
corallienne, on se pose
immanquablement
une
question : « Dans un espace
aussi restreint comment
peuvent cohabiter autant
d’organismes différents ayant chacun des exigences spécifiques en
matière d'espace vital et d'alimentation ? » La réponse relève d'un des
fondements de l'écologie : la cohabitation de nombreuses espèces
dépend de la possibilité pour chacune d'elles d'occuper une niche
écologique différente. La notion de
niche écologique peut se comparer
à celle des professions dans une
société humaine : de même que des
commerces identiques ne peuvent
s'établir trop près les uns des autres.
Ci-dessus : quelques mètres carrés de barrière corallienne sont en mesure
d'heberger des dizaines d’espèces différentes, sans qu'aucune d’entre elles ne
provoque l’extinction des autres. Certaines espèces défendent le territoire où elles
trouvent leur nourriture, alors que d’autres occupent plus particulièrement le leur
au moment de la reproduction ou s’en servent comme lieu de rassemblement pour
la formation d'un harem, comme c’est le cas des anthias du type Pseudanthias
tquamipinnii. Les territoires peuvent en outre changer périodiquement, comme
chez les poissons-écureuils rouges, qui sont sédentaires le jour et errants la nuit.
une portion de récif (ou de tout
autre type d'environnement) ne
peut héberger deux espèces qui ont
les mêmes exigences écologiques.
Cela déterminerait en effet une
concurrence qui aboutirait à la disparition de l’une des deux rivales,
risquant de nuire à l'équilibre de
l'ensemble des organismes présents.
Faire la distinction entre deux niches
écologiques n’est pas difficile lorsqu'on est en présence de grands
espaces et d’organismes très différents. Il n’est guère étonnant qu'un
requin et une crevette puissent
vivre côte à côte le long d’une barrière corallienne, ou qu’un polype et
une saupe cohabitent dans un herCi-dessus : les pomacentridés (ici, une castagnole) sont l’une des nombreuses
familles chez lesquelles on peut voir des jeunes de plusieurs espèces partager
un même habitat. Une fois qu’ils sont adultes, en revanche, ces poissons
manifestent le plus souvent un comportement territorial, avec des niches
écologiques bien définies. Certaines espèces herbivores, par exemple, chassent
de leur territoire tous les autres poissons qui ont les mêmes habitudes
alimentaires, favorisant ainsi la croissance de jardins d’algues dont ils se
réservent l’exclusivité. A gauche : le poisson-globe Arothron nigropunctatus est
un habitant typique des barrières coralliennes, où on le trouve souvent posté
à l’entrée des failles et des crevasses. Doté de robustes dents se rejoignant
en une sorte de bec quadripartite, il se nourrit de coraux, d’éponges, d’ascidies
et d’algues, cette diversité alimentaire lui valant d’avoir peu de concurrents.
