Il y a des années, un plongeur italien, Marco Eletti, s'inspirant d un spectacle analogue conçu dans ITIe de Bandos par
le célèbre photographe allemand Herwarth Voigtmann, organisa un véritable numéro de cirque aquatique, avec des
requins qu'il avait dressés à venir prendre directement de la nourriture dans ses mains.
Le jour où j’ai assisté à ce spectacle, il y avait là une vingtaine de requins gris de I espèce Carchartiinus amblyrhynchos qui
évoluaient complaisamment autour des plongeurs et des photographes saisis d une émotion inoubliable. Je me souviens
en particulier de l'intérêt qu’ils manifestaient pour mes flashes : sans doute étaient-ils attirés par les circuits électriques
sous tension qui devaient interférer avec leur système électromagnétique de détection des proies. A chacun de ses passages près de moi, une femelle venait mordre l’une ou l'autre de mes lampes, en me regardant ensuite d un air perplexe,
comme pour me dire : « Mais quelle sorte de poissons m'offres-tu là, pour qu'ils soient aussi durs et indigestes ? »
Un groupe de requins curieux, une passe parcourue par des courants, une plate-forme corallienne affleurant la surface d'un lagon : tels sont certains des souvenirs les plus marquants que je conserve des Maldives.
Parfois ma mémoire est moins précise, et seules subsistent des sensations, des émotions, mais d’une intensité que les
mots ne suffisent pas à exprimer, tant cette région maritime semble relever d’un monde entre le rêve et la réalité.
(AQ
Ci-dessus : cette minuscule portion de récif corallien est dominée par une petite colonie de Tubastrea aurea, un madréporaire
dont les polypes ne s’épanouiront complètement que durant la nuit. Page ci-contre : une étendue de gorgones « fleuries ».
L'aspect plumeux de leurs éventails est dû aux polypes qui se déploient pour pouvoir capturer les particules organiques et le
microplancton transportés par les courants.
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- 129/201

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