La gros pâtés coralliens de la station de Stmg Ray, sur le récif
d'Altemattva, se forment par entassement des coraux morts
déposés durant des centaines d'années.
PAGE 77 Da hunes de potssons-cnl d'argent
(Paraprixinthus guentheri) voltigent audessus du récif.
près de 18 mètres de haut, depuis le fond sableux jusqu’à la surface. En m’approchant,
je vois des centaines et des centaines d’anthias, ou barbiers. Ils bougent sans cesse
car ils se nourrissent du zooplancton qui dérive. Je n’ai jamais vu autant de poissons
au même endroit.
À travers le banc de poissons, nous apercevons des colonies de coraux mous
— des alcyonaires rouges, mauves et blancs — qui couvrent le récif comme un tapis
persan. Les coraux, dont des coraux de feu (Milleporidaè) et des Faviidae, sont
également présents. C’est la scène que je cherchais. Je prends une pellicule entière,
avec l’espoir que les photos rendront ce qui me remplit d’admiration.
En nageant autour du pinacle, je me trouve devant une colonie corallienne
tabulaire de presque 1 mètre de diamètre. Sous son ombre, des centaines de balayeurs,
ou poissons-œil d’argent (Parapriacanthus guentherî) nagent en banc serré. Lorsque
je prends une photo avec mon second appareil, le flash les effraie momentanément.
A l’unisson, ils s’éloignent vivement, créant comme une implosion sous-marine.
Après quelques autres flashes, ils s’accoutument à l’éclair et ne s’en inquiètent plus,
nageant en une formation parfaite.
Nous faisons plusieurs plongées à Alternatives, et chaque visite révèle de
nouveaux trésors : deux rascasses, leur épine dorsale blanche et venimeuse relevée
vers nous, nous incitent à rester à l’écart ; une petite murène, d’aspect féroce, se
montre pour l’instant plutôt docile ; et sur la crête, à 1,50 mètre sous l’eau, un
bon échantillon de poissons de la mer Rouge avec peut-être quarante espèces.
De retour vers le bateau, à la nage le long des fonds sableux parsemés de
pâtés coralliens, je suis soudain « attaqué » par l’un des poissons les plus agressifs
qui existent. La créature jaillit de son trou et charge mon objectif, sans arrêt. Comme
cet assaut ne me fait pas fuir, le poisson s’en prend à mon masque. Je cligne des
yeux sous les coups portés à la vitre. Heureusement, mon ennemi ne mesure que
5 centimètres. Mais sa petite taille ne dissuade pas ce poisson-clown [Amphiprion
Incinctus) d’essayer d’écarter les intrus, gros ou petits, de son territoire.
Je m’approche du poisson-clown pour le photographier, mais il se retire
dans les tentacules de sa partenaire, l’anémone de la mer Rouge. Les tentacules de
1 anémone, qui piquent et capturent de nombreux petits poissons, n’ont pas d’effet
sur les poissons-clowns. On ne sait pas très bien quel bénéfice l’anémone tire de
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