plus forte, des mesures plus strictes de protection seront prises — surtout si, comme
l’Unesco l’a recommandé, le lac Baïkal et ses bassins versants est classé « Patrimoine
de l’Humanité », comme c’est le cas des Galapagos.
Cl DESSUS et PAGE 57 Le Baïkal abnie plus de cinquante
espèces endémiques de poissons. Les chabots dominent et
représentent, avec les Comcphoridac, quatre-vingts pour cent de
la biomasse des poissons du lac.
NOUS NE RENCONTRONS PAS la variété de poissons à laquelle les tropiques nous ont habitués. Mais à chaque plongée, nous voyons quarante à
cinquante chabots, des animaux benthiques de 5 à 20 centimètres de long.
Le lac abrite environ quarante espèces de chabots {Cottidae) qui, jointes
aux Comephoridae, représentent 80 % de la biomasse des poissons du lac.
Parmi ces espèces, nous dit Andy, deux ont la capacité inhabituelle de vivre
à n’importe quelle hauteur dans la colonne d’eau du lac, depuis la profondeur maximum de 1 637 mètres jusqu’à la surface de l’eau.
Les chabots ne sont pas craintifs et se laissent facilement approcher et photographier. Les autres poissons, dont le corégone, le saumon,
l’esturgeon et la perche de Sibérie sont présents, mais évitent la caméra.
Le Baïkal a toutefois quelque chose de commun avec les récifs — ses pentes
spectaculaires, qui prolongent les montagnes escarpées qui le bordent. Par endroits,
les falaises presque verticales plongent à plusieurs centaines de mètres. Nous descendons avec précaution dans les abysses sombres et verts. Plus nous descendons,
plus l’eau devient froide et obscure.
En explorant un tombant sous-marin, je soulève une pierre en quête d’un
sujet à photographier. Soudain, les rochers voisins cèdent et créent une avalanche.
Je disparais sous un nuage de sédiments qui réduit la visibilité de 20 mètres à
50 centimètres. Je fais demi-tour et nage vers l’eau claire, vérifie ma flottabilité et
suis mes bulles pour remonter vers les petits fonds plus rassurants. J’ai compris
la leçon : Regardez mais ne touchez pas un environnement qui ne vous est pas
familier.
LES JOURS PASSENT rapidement. Nous n’apprécions pas véritablement l’eau froide,
mais nous nous sommes habitués aux trois plongées par jour. Pour nous encourager mutuellement, nous nous remémorons une charmante tradition locale. Elle dit
que si vous mettez votre main dans le lac, vous ajoutez une année à votre vie ;
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LE Lac Baïkal
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