fondeur, rempli d’une eau limpide, le mot « originel » prend une autre autre dimension. Il n’existe aucun autre endroit comme celui-ci dans le monde.
Les fossiles de poissons préhistoriques offrent aux scientifiques un
aperçu de la vu dans le lac il y a 25 millions d’ années, au
moment de sa création. Le Baïkal est le lac le plus ancien.
Beaucoup d’ autres lacs remontent à la dernière période glaça ire,
il y a environ 10 000 ans • seulement ».
Le lac Baïkal est si profond, si clair et possède tant d’espèces uniques, que
les effets destructeurs du développement industriel, dans la partie méridionale du lac, sont particulièrement sensibles. Les effluents des énormes
Kombinat de Baykalsk, construits pour fabriquer des cordes de rayonne
pour les pneus d’avion à partir de cellulose, ont gravement contaminé
plusieurs hectares de lac. L’écologiste et expert du lac John Massey Stewart rapporte que les usines rejettent la même quantité d’effluents par
jour que Los Angeles. Or, ces usines ont été construites pour fabriquer
un produit dépassé peu d’années après leur construction, vers 1960. En
outre, elles auraient aussi bien pu être implantées en aval du lac sur la
rivière Angara. Mais en dépit de l’affaiblissement du marché et de trente
années d’opposition active de la part des écologistes de Sibérie, les Kombinat fonctionnent toujours, en partie pour maintenir les trente mille
emplois qu’ils offrent aux Sibériens. Des systèmes de traitement, plus coûteux que
les usines elles-mêmes, ont été installés et une partie de l’entreprise a remplacé les
cordes de rayonne par la pâte à papier, mais l’air et l’eau sont pollués par les rejets.
La situation ne vaut guère mieux dans la partie nord du lac, où la déforestation a dévasté de grandes surfaces de taïga et entraîné une érosion dramatique.
Les sédiments nuisibles à la vie s’accumulent dans les rivières environnantes et se
déversent dans le lac lui-même. Durant la courte période végétative en Sibérie, la
forêt se renouvelle lentement. Il faudra encore des dizaines d’années pour que la
taïga puisse à nouveau jouer son rôle de filtration des eaux, dans cette partie du
bassin versant.
Les risques industriels dépassent très largement ceux que nous avons évoqués avec l’usine de bois de Baykalsk et la déforestation de la taïga. Plus d’une centaine d’usines sont implantées sur les rivages du lac ou à proximité, en particulier
près de la ville de Oulan-Oude, sur la rivière Selenga. La plupart n’utilisent aucun
procédé pour contrôler la pollution. Les eaux usées, traitées de façon inadéquate,
en provenance de Oulan-Oude et des autres villes qui se développent autour du
lac, sont aussi un problème. Riches en nitrates, les effluents stimulent le dévelop54
LE Lac Baïkal
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