Le jour, les poissons-perroquets brisent de petits bouts de coraux,
avec leur bouche en forme de bec, pour brouter les algues. La
nuit, ces herbivores dorment sur le récif ou le fond sableux ; ils
sécrètent alors un cocon de mucus qui les protège des prédateurs
nocturnes. Plus d’ une dizaine d’ espèces de poissons-perroquets
peuplent le récif barrière de Mise ; leur identification est une
véritable gageure, car mâles et femelles ont des colorations
différentes selon leur âge et l'heure du jour.
PAGE 55 Les scientifiques sont partagés sur l’interprétation à
donner des colorations et des motifs des poissons. Certains
pensent que la bande noire du poisson-papillon (Chactodon
strütus) qui cache son direction de sa fuite. D’ autres pensent que la séné de bandes
contribue à désorienter les prédateurs.
PLEINE LUNE, MER CALME, pas de vent, beau temps, les conditions sont idéales
pour une plongée de nuit. Je me tiens sur la plate-forme de plongée et vérifie mon
matériel, surtout ma lampe. 11 est neuf heures du soir, et je suis prêt a penetrer
dans le monde nocturne du récif de Glover.
Je regarde dans le noir et aperçois le reflet de plusieurs poissons de presque
un mètre de long. Leurs nageoires dorsales brisent à peine la surface, et leurs nageoires
pectorales sont déployées en position de chasse. Ils font des cercles de plus en plus
serrés autour de la plate-forme. Mais il n’y a pas de raison de s’alarmer. Ces prédateurs nocturnes, les tarpons (Megalops atlanticus), se nourrissent de petits poissons
et ne se laissent pas facilement approcher par les plongeurs. Ils traquent un grand
banc Ü Atherinidae qui voltige sous le bateau.
Je plonge dans l’eau noire avec mon équipier. A la lumière de ma lampe
de plongée, je descends vers le fond que je ne vois même pas. J’ai l’impression de
conduire sur une route brumeuse tard dans la nuit, lorsque la vision est limitée
à l’étroit rayon de lumière des phares. Sous l’eau, je me sens encore plus vulnérable.
En regardant en direction du bateau, je vois la lumière clignotante, accrochée à la plate-forme, qui permet de retrouver le bateau ; il ne faut jamais la perdre
de vue. Bien sûr, nous pourrions remonter à la surface et localiser le bateau, mais
l’éventualité d’une rencontre avec des guêpes de mer (un type de méduse — Charybdea
— dont la piqûre est extrêmement douloureuse) nous en dissuade.
Comme nous approchons la profondeur de 12 mètres, nos lampes illuminent les éperons et les sillons du récif. En éclairant une crevasse, je découvre un
poisson-perroquet entouré de son cocon de mucus protecteur, qu’il sécrète après
la tombée de nuit ; ainsi aucun prédateur, pas même les murènes, ne peut détecter
sa présence. Tout près, deux poissons-papillons endormis flottent doucement au
gré de la houle. Ils ne se réveillent pas lorsqu’ils se cognent sur le récif, et le flash
de mon appareil ne les fait même pas sursauter.
Sous une saillie se tapit un poisson-ballon (Dtodon holacanthus} de dix centimètres. Par mégarde, j’alarme le poisson qui se gonfle d’eau immédiatement ; son
corps atteint la taille d’un ballon de football couvert d’épines de quelques centimètres de long, ce qui constitue une bonne défense contre les prédateurs, y compris
l’homme.
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Le Récif-Barrière de Belize
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