essentielle pour de nombreux poissons, qui viennent s’y nourrir et s’y reproduire.
Lors d’une précédente visite à Belize, j’ai plongé dans la mangrove. Malgré
une visibilité inferieure a 1,20 métré, j ai vu des douzaines de jeunes poissons, de
sergents-majors et de barracudas, s’élancer entre les racines couvertes d’éponges et
d’algues. Dans le chenal de la mangrove, des méduses palpitaient de pulsations incessantes.
Entre la mangrove et le récif-barrière s’étend le lagon, sur 8 à 16 kilomètres,
parsemé d’herbiers et de pâtés coralliens. Durant la journée, de nombreux poissons viennent brouter l’herbier, tandis qu’à la tombée du jour croisent d’autres
espèces. Là encore, la plongée offre d’intéressantes surprises : des dizaines de langoustes dans les anfractuosités, des tortues qui se nourrissent de phanérogames,
un poulpe minuscule filant sur le sable.
Les relations qui unissent ces trois milieux — mangrove, récif et herbier
— expliquent l’extraordinaire abondance de poissons. Pour les habitants de Belize,
qui vivent principalement sur la côte, la pêche a longtemps été un moyen de subsistance. Leurs villages semblent tranquilles, simples et pittoresques pour un newyorkais comme moi ; mais le développement industriel et agricole de la côte et
de la forêt tropicale, la surexploitation des ressources du récif et même le tourisme,
pourraient très prochainement compromettre la qualité exceptionnelle des eaux
côtières de Belize et menacer un style de vie traditionnel.
Avec ses forêts tropicales et ses récifs, Belize a beaucoup à faire en matière
de protection. Ces deux écosystèmes paraissent résistants mais tous deux reposent
sur des bases fragiles : la forêt tropicale sur un sol superficiel qui est vite érodé lorsque les arbres sont coupés, et le récif sur des eaux pauvres en éléments nutritifs.
Quand l’un de ces habitats est en partie détruit, sa reconstitution est très longue,
et il est peu probable que nous ayons la chance d’y assister.
Le récif de Glover est un endroit isolé et les protecteurs de la nature pensent qu’il a de bonnes chances de demeurer intact. Pourtant, meme ici, les compagnies pétrolières, attirées par des gisements de pétrole au large du Mexique et du
Guatemala, ont foré des puits d’exploration. Actuellement, aucune loi ne protège
le récif de Glover, bien qu’il ait été proposé d’y creer une reserve nationale ou
la pêche et le tourisme seraient strictement réglementes. Entretenir une reserve
La forêt aquatique que forment les racines de palétuviers
permet l’implantation de nombreux bydraircs, d'éponges et
d’ algues. Ce milieu, où la nourriture est abondante, abrite
des dizaines d’ espèces de jeunes poissons coralliens, dont les
sergents-majors et les barracudas. Plus haut, la brancha
fourmillent de craba et d’msecta.
le Récif-Barrière de belize
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