LE RÉCIF DE GLOVER fait facilement oublier la civilisation du XXe siècle et son incessante quête de biens terrestres. Je pense aux pêcheurs précolombiens qui s’aventuraient loin des villages, sur le lagon et parmi les îlots coralliens du récif-barrière,
pour tenter leur chance près de l’atoll.
Ces pêcheurs vivaient à la limite de la grande civilisation maya de la péninsule du Yucatân, prospère du IIP au Xe siècle mais dont les origines remontent beaucoup plus loin encore. Dans les jungles du nord de Belize, à Cuello, les archéologues
ont retrouvé des vestiges datant de 2600 av. J.-C., témoins des plus anciens habitats humains en Méso-Amérique. Durant l’époque maya, des temples et des cités
ont été édifiés à Caracol, Altun Ha et dans une douzaine d’autres sites ; des villages
qui pratiquaient le commerce et la pêche se sont implantés sur les îlots et dans les
lagunes de Belize ; les fouilles archéologiques témoignent d’un commerce actif entre
les villes de l’intérieur, ces avant-postes et d’autres localités du Yucatân ; pour
éviter les récifs, les Mayas ont même creusé un chenal entre Ambergris Cay et le
continent.
Aujourd’hui encore, à Belize, l’héritage maya est manifeste dans la langue
et les coutumes, qui ont survécu à presque cinq siècles d’influence étrangère. Mais
la jungle a depuis longtemps reconquis les vieilles cités dont plusieurs demeurent
inexplorées (sauf, trop souvent, par les pillards), dissimulées dans des lieux isolés
et inaccessibles du pays. La forêt humide, quasiment vierge, est toujours peuplée
de jaguars, de centaines d’espèces d’oiseaux tropicaux et d’une multitude de reptiles, dont des iguanes et un terrifiant serpent, le mortel « fer-de-lance ».
Sur la côte de Belize s’étend la mangrove, un enchevêtrement d’arbres tropicaux qui poussent dans l’eau salée. La mangrove et le récif, à quelques milles au
large, se protègent mutuellement : le récif, qui forme une véritable barrière, contient la puissance des vagues, trop fortes pour la mangrove ; la mangrove, à son
tour, avec son véritable labyrinthe de racines, limite l’érosion côtière, en particulier pendant les fortes tempêtes tropicales ; elle agit comme un filtre qui piege le
sédiment avant qu’il n’atteigne le récif et n’étouffe les polypes coralliens.
Les branches des palétuviers grouillent d’oiseaux, de reptiles et d’insectes.
Les racines aquatiques abritent des lamantins, des marsouins et des tortues carrets,
des tarpons, des éponges et beaucoup d’autres créatures mannes. La mangrove est
L’ avenir du récif barrière de Belize inquiète le pêcheur Vdlamar
Godfrey. Il pense que les rejets chimiques des cultures d'agrumes
et le dragage des mangroves, pour la construction de ports en eau
profonde, dégradent la partie sud du récif.
LE RÉCIF-BARRIÈRE DE BELIZE
29
pour tenter leur chance près de l’atoll.
Ces pêcheurs vivaient à la limite de la grande civilisation maya de la péninsule du Yucatân, prospère du IIP au Xe siècle mais dont les origines remontent beaucoup plus loin encore. Dans les jungles du nord de Belize, à Cuello, les archéologues
ont retrouvé des vestiges datant de 2600 av. J.-C., témoins des plus anciens habitats humains en Méso-Amérique. Durant l’époque maya, des temples et des cités
ont été édifiés à Caracol, Altun Ha et dans une douzaine d’autres sites ; des villages
qui pratiquaient le commerce et la pêche se sont implantés sur les îlots et dans les
lagunes de Belize ; les fouilles archéologiques témoignent d’un commerce actif entre
les villes de l’intérieur, ces avant-postes et d’autres localités du Yucatân ; pour
éviter les récifs, les Mayas ont même creusé un chenal entre Ambergris Cay et le
continent.
Aujourd’hui encore, à Belize, l’héritage maya est manifeste dans la langue
et les coutumes, qui ont survécu à presque cinq siècles d’influence étrangère. Mais
la jungle a depuis longtemps reconquis les vieilles cités dont plusieurs demeurent
inexplorées (sauf, trop souvent, par les pillards), dissimulées dans des lieux isolés
et inaccessibles du pays. La forêt humide, quasiment vierge, est toujours peuplée
de jaguars, de centaines d’espèces d’oiseaux tropicaux et d’une multitude de reptiles, dont des iguanes et un terrifiant serpent, le mortel « fer-de-lance ».
Sur la côte de Belize s’étend la mangrove, un enchevêtrement d’arbres tropicaux qui poussent dans l’eau salée. La mangrove et le récif, à quelques milles au
large, se protègent mutuellement : le récif, qui forme une véritable barrière, contient la puissance des vagues, trop fortes pour la mangrove ; la mangrove, à son
tour, avec son véritable labyrinthe de racines, limite l’érosion côtière, en particulier pendant les fortes tempêtes tropicales ; elle agit comme un filtre qui piege le
sédiment avant qu’il n’atteigne le récif et n’étouffe les polypes coralliens.
Les branches des palétuviers grouillent d’oiseaux, de reptiles et d’insectes.
Les racines aquatiques abritent des lamantins, des marsouins et des tortues carrets,
des tarpons, des éponges et beaucoup d’autres créatures mannes. La mangrove est
L’ avenir du récif barrière de Belize inquiète le pêcheur Vdlamar
Godfrey. Il pense que les rejets chimiques des cultures d'agrumes
et le dragage des mangroves, pour la construction de ports en eau
profonde, dégradent la partie sud du récif.
LE RÉCIF-BARRIÈRE DE BELIZE
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