La Photographie Sous-Marine
Cinq éléments de base doivent être réunis si l’on veut prendre de bonnes photographies sous-marines : un sujet intéressant, un équipement
photographique sur lequel on puisse compter, un film qui rende les couleurs véritables du sujet, de la pratique et de la chance.
Les sujets intéressants ne manquent pas sur les récifs coralliens,
où vivent des dizaines d’espèces de poissons et de coraux colorés. Ce
qu’il faut, c’est apprendre à regarder sous l’eau — apprendre à identifier
les sujets potentiels, dont la plupart sont passés maîtres dans l’art du
camouflage. Il faut alors cadrer rapidement pour prendre la photo avant
que la scène ne change, ce qui se produit en un clin d’œil.
Il faut également se documenter sur le comportement des animaux afin de savoir ce que l’on peut attendre du milieu sous-marin selon
le site, la marée ou l’époque de l’année.
Un appareil photographique fiable, avec des objectifs performants, est indispensable. Depuis 1979, j’utilise un Nikonos 35 mm, généralement le Nikonos V. Je réserve les objectifs 15 et 20 mm pour les
grands angles ; pour la macro, je me sers du kit macro de Nikonos sur
les objectifs 35 et 28 mm, ou d’un Nikon N8OO8 avec un objectif macro
de 60 mm sur un boîtier Stromm.
Quatre-vingt dix pour cent de mes photos sont prises avec un
flash. Pour cela, j’utilise un flash Nikonos SB-103 (ou deux flashes SB-103
de part et d’autre de la caméra, pour avoir deux sources de lumière).
Le flash révèle les détails et les couleurs réelles des sujets ; pourtant, j’aime
aussi prendre des photos à la lumière naturelle. Ces images n’ont pas
des couleurs vives ni des détails précis, mais elles rendent l’ambiance
du récif telle qu’elle apparaît à l’œil.
Pour garder mes appareils en bon état, je les rince soigneusement après chaque plongée ; de retour à la maison, je les laisse tremper
pendant une journée dans l’eau douce. La corrosion due a l’eau salee
est le pire ennemi du photographe sous-marin, et il faut a tout prix éviter que le sel ne rentre dans l’appareil.
Pour la photographie de la page ci-contre, j’ai utilise le Nikon
N8008 et une sélection d’optiques autofocus. J’ajoute presque toujours
un filtre polarisant Cokin pour réduire la réverbération sur l’eau et diminuer le contraste des nuages blancs dans le ciel bleu.
Le film est une question de choix personnel et cinq photographes différents choisiront cinq films différents. En ce qui me concerne,
je préfère la chaleur des Kodachrome 64 Asa pour des photos macro et
des grands angles. Je trouve que le grain très fin de ce film fait ressortir
la beauté des prises de vue à l’agrandissement, même pour des agrandissements très importants en couleur laser.
Pour les photos sous-marines en lumière naturelle, j'utilise une
pellicule Kodachrome 200 Asa, qui permet de faire des prises de vues
plus rapides, pour un sujet en mouvement, et une petite ouverture pour
augmenter la profondeur de champ. Pour une photo comme celle de
la page précédente, mon film standard est ('Ektachrome 100 ; lorsque
j’ai le temps de composer un paysage, je préfère ('Ektachrome 50.
Tous mes films sont développés par Kodalux, une société spécialisée dans le développement des diapositives.
La pratique est irremplaçable : un vieux cliché, mais pourtant
tellement vrai. Lorsque j’ai commencé à prendre des photos sous-marines,
j’avais l’habitude d’aller à la piscine tous les week-ends pour m’entraîner à la technique du grand angle. De retour à la maison, je remplissais
ma baignoire, pour me familiariser avec la macro. Ces efforts sont payants
sur le terrain où l’on a rarement le temps de s’exercer.
La chance est essentielle pour prendre des photos intéressantes. Il sera tout simplement impossible de prendre un requin-baleine,
une murène ou une tortue marine si l’animal ne nage pas à une distance
qui permette de prendre la photo. On peut aider la chance en plongeant
fréquemment et en demandant aux pêcheurs locaux ou aux guides de
plongées où se trouvent les meilleurs sites. Mais il faut se souvenir du
vieil adage : plus on travaille, plus on a de chance.
Un dernier conseil : efforcez-vous toujours de placer la protection du récif avant toute chose. Un photographe pcq.soigneux peut causer
de nombreux dégâts en peu de temps sur un récif. Souvenez-vous de
ne prendre que des photos, et de ne laisser que des bulles.
173
Précédent

- 188/198

Suivant