Comme les autres poissons-clowns, Amphiprion perideraion
dispose ses œufs près des anémones qui le protègent. Il prend soin
des œufs en créant un courant dcau riche en oxygène, une phase
essentielle à l'ccloston.
Aussi beau qu’il paraisse, le récif n’est pas un monde enchanté où rien ne
peut arriver. La piqûre du poisson-pierre peut être fatale pour l’homme et la Grande
Barrière abrite des dizaines d’autres créatures très venimeuses, comme le cônegéographe et le cône-tulipe, les poissons-chats (Plotosidaé), les raies et les picots
(Siganidae), les coraux de feu et les anémones.
Dans un registre plus agréable, quoique tout aussi venimeux, j’observe avec
émerveillement plusieurs espèces de nudibranches, des animaux délicats proches
des limaces, qui glissent sur le corail à la recherche de bactéries et de détritus. On
ne dirait pas, en les observant, que ces animaux sont de la famille des mollusques.
Ils n’ont pas de coquille et portent des branchies externes non protégées. D’où leur
nom de nudibranches, « branchies nues ». Ces animaux, peut-être les plus beaux
du récif, varient en taille de moins de 2 centimètres à près de 30 centimètres. Au
cours de mes voyages, j’ai vu des nudibranches de bien des couleurs ; ici, je rencontre
une nouvelle espèce que je pourrai ajouter sur ma liste personnelle de créatures
marines : un Notodoris negastima jaune vif de 8 centimètres.
Ma réserve d’air touche à sa fin et je commence ma remontée le long du
tombant du pinacle, en espérant pouvoir terminer ma plongée sur une très belle
photo. Bientôt, je repère un couple de poissons-clowns virevoltant autour d’une
grosse anémone de mer. J’ai déjà eu l’occasion d’observer une telle scène, mais les
poissons semblent particulièrement excités. Je comprends vite la raison de leur agitation : ils prennent soin de leurs œufs attachés au substrat, juste sous une anémone.
L’un des poissons cherche à me chasser — un intrus des centaines de fois plus gros
que lui ! — tandis que son compagnon souffle de l’eau fraîche sur les œufs pour
maintenir un courant continu d’eau riche en oxygène, nécessaire au développement
des œufs. Je prends mes dernières photos, frustré de ne pouvoir passer plus de temps
à observer les poissons ; j’espère que j’aurai un bon plan de la scène.
La frustration est un sentiment que j’ai ressenti tous ces derniers jours. Parmi
les centaines de photos de la flore et de la faune que j’ai prises sur la Grande Barrière,
seules quelques-unes seront sélectionnées pour le livre. De plus, comment retracer
toutes les merveilles de cette région quand je n’ai pu visiter que quelques récifs
du nord ? Des milliers de kilomètres de récifs s’étendent vers le sud et, au cours
de cette visite, je n’en n’aurai vu aucun.
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la Grande Barrière de Corail
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