des rejets. Ces substances jouent un peu le rôle d’engrais pour
le phytoplancton qui se multiplie à une allure anormale. La
densification du phytoplancton entraîne également un bloom du
zooplancton qui s’en nourrit. Très vite, de nombreux organismes
du phytoplancton et du zooplancton passent de vie à trépas et
leurs cadavres vont augmenter la quantité de matières organiques
inertes. Ces matières organiques sont aussitôt consommées par des
bactéries qui utilisent l’oxygène pour les dégrader. Ainsi commence
une sorte de compétition dans la consommation d’oxygène entre
les phénomènes respiratoires des organismes et les oxydations
microbiennes. Cette surconsommation d’oxygène aboutit
à sa raréfaction qui entraîne de très fortes mortalités des
organismes planctoniques. Petit à petit, le mécanisme
s’emballe jusqu’au paroxysme qui voit la disparition
totale de l’oxygène et des organismes aérobies et leur
remplacement par des micro-organismes anaérobies
conduisant à des gaz sulfureux. En phase finale de cette
eutrophisation, les échanges avec l’atmosphère ne sont pas
suffisants pour arrêter ce processus.
La température joue un rôle important; en effet, plus la
température est basse, plus il y a d’oxygène dissous dans
l’eau. Par exemple, pour une eau de mer à 85 % de salinité,
saturée d’air et à la pression atmosphérique de 760 mm
de mercure, on relève les concentrations ci-dessus (tableau).
Ceci explique que les eaux polaires plus oxygénées présentent
un plancton très abondant servant de nourriture à une faune
pélagique très riche. C’est en mer du Nord qu’on fait les plus
belles pêches de harengs et à Terre-Neuve celles de morues.
Il convient enfin de souligner que la zone d’apport d’oxygène
est différente en étendue de la zone de consommation.
Températures
de l'oxygène
dissous
0°
7,97 cm3
10°
6,35
15°
5,79
20°
5,31
25°
4,86
30°
4,46
L’enrichissement en oxygène ne peut se réaliser que là où
existe la lumière nécessaire au fonctionnement de l’appareil
photosynthétique, c’est-à-dire la zone photique. Y contribuent
les végétaux des fonds marins littoraux dans la limite du plateau
continental et le phytoplancton sur toute l’étendue des mers
et des océans. Il en résulte que les parties superficielles sont
toujours plus oxygénées que les parties profondes. Il existe
bien un lent renouvellement des masses d’eau profondes,
par le jeu de courants verticaux et horizontaux de très faible
vitesse, mais qui ne suffit pas à homogénéiser le milieu. Par
contre, en eau vive près du rivage et à faible profondeur, la
teneur en oxygène est proche de la saturation et varie peu.
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