griffithsiae (Rhodophycées). On peut également ranger dans cette
catégorie la monocotylédone Zostera noltii, fréquente sur les côtes
européennes de Méditerranée, mais qui fait défaut sur les côtes
africaines. En Atlantique, cette zostère se rencontre sur toutes les
côtes européennes jusqu’au nord de la Scandinavie, au sud-ouest
du Groenland et le long des côtes américaines, du Saint-Laurent à
la Caroline du Nord. Dans le Pacifique nord, la zostère se retrouve
le long des côtes nord-américaines, des îles Aléoutiennes à la
Californie, et en Asie, sur les côtes du Japon et de la Corée.
Il est admis que les espèces atlantiques ont dû pénétrer en
Méditerranée dès la fin du tertiaire. Les variations considérables
du climat au quaternaire ont favorisé tantôt l’immigration
d’espèces boréales, tantôt celle d’espèces tropicales. Pendant
les grandes glaciations, le refroidissement considérable des
eaux de l’Atlantique Nord et de la Méditerranée a éliminé un
grand nombre d’espèces tropicales et a favorisé l’extension
méridionale et la pénétration en Méditerranée d’espèces à
affinités froides. Au contraire, lors des périodes de réchauffement
interglaciaires, des espèces tropicales, remontant le long
des côtes africaines, ont pu pénétrer en Méditerranée.
0 La Méditerranée renferme enfin des endémiques, c’està-dire des espèces exclusivement localisées dans son bassin.
Certaines, d’origine probablement très ancienne, ne présentent
aucune parenté avec d’autres espèces existant dans des régions
voisines. C’est le cas des algues vertes Palmophyllum crassum et
Bryopsis muscosa, de l’algue brune Laminaria rodriguezi et des
algues rouges Rissoella verruculosa, Predea ollivieri, Kallyrnenia
lacerata, K. spathulata, Sebdenia rodrigueziana, S. monardiana et
Chondrymenia lobata. D’autres présentent des liens de parenté
étroits avec des espèces existant dans les régions voisines
et en particulier dans l’Atlantique Nord. Elles sont appelées
néoendémiques. Il s’agit d’espèces vicariantes, dérivant
d’espèces atlantiques qui, en pénétrant en Méditerranée, ont
subi, sous l’influence d’un milieu différent, des modifications
anatomiques telles qu’elles constituent soit des espèces
distinctes, soit des variétés des espèces atlantiques qui leur
ont donné naissance. C’est ainsi qu’au Phyllophora epiphylla de
l’ Atlantique Nord correspond le P. nervosa de Méditerranée et que
le Ceramium ciliatum, très répandu en Atlantique, est représenté
en Méditerranée par la variété robustum. Le cas des Cystoseira est
très net. Ces espèces, très nombreuses en Méditerranée, peuvent
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