Guide des fonds marins de Méditerranée
Le milieu méditerranéen
38
l’asphyxie et la mort d’un nombre incalculable d’organismes
animaux et végétaux. Outre leur toxicité et la présence d’agents
cancérigènes, les nappes de pétrole freinent de façon considérable
les échanges gazeux entre l’eau et l’atmosphère, contrarient
la pénétration et la diffusion de la lumière dans l’eau et donc
les fonctions respiratoire et photosynthétique des organismes
vivants. On a peine aussi à imaginer ce qu’il arriverait si un
puits offshore venait à échapper au contrôle des techniciens
comme cela s’est déjà produit au large de la Californie où la
tête de puits débitait directement le flot d’hydrocarbures dans
l’océan, polluant tous les rivages du golfe du Mexique.
Les collectivités humaines représentent aussi des menaces
sérieuses et permanentes pour l’équilibre biologique de la
Méditerranée et pour la santé des baigneurs au voisinage des côtes,
et le resteront tant que les municipalités et autres organismes
responsables n’épureront pas convenablement les eaux d’égouts
et n’élimineront pas impitoyablement les produits toxiques
difficilement ou pas biodégradables (détergents, insecticides,
fongicides et autres pesticides) et un grand nombre de produits
chimiques indestructibles, au premier plan desquels les métaux
et métalloïdes (mercure, cadmium, plomb, cuivre, étain, arsenic,
PCB, etc.). Il en est de même des complexes industriels riverains
qui ne devraient rejeter aucun polluant dans les rivières et
dans la mer. Or souvent, cette grande industrie s’est justement
implantée en bord de mer pour, entre autres, bénéficier de cet
égout naturel sans gros investissements! L’inventaire ne serait
pas complet sans mentionner la pollution portuaire et celle issue
des bateaux, notamment par leurs rejets directs par-dessus
bord, et par les composés hautement toxiques contenus dans les
peintures anti-salissures qui recouvrent leurs coques. Enfin, la
Méditerranée reçoit les eaux des grands fleuves (Rhône, Ebre,
Tibre, Pô, Nil), ainsi que du Danube par la mer Noire. Autrefois,
ils la fertilisaient grâce à l’apport des composés minéraux et
organiques des alluvions. Aujourd’hui, ils l’empoisonnent
en y charriant quantité de produits toxiques déversés par les
industries, les agglomérations et l’agriculture intensive.
Le bilan annuel général dressé par le PNUE (Programme des
Nations Unies pour T Environnement) est tout à fait éloquent et
sans appel:
• ? milliards de m3 d eaux d’égouts dont 70 % sont rejetés
directement sans traitement de dépollution;
• 3^0 millions de tonnes de matières solides (rejets + fleuves) ;
Le milieu méditerranéen
38
l’asphyxie et la mort d’un nombre incalculable d’organismes
animaux et végétaux. Outre leur toxicité et la présence d’agents
cancérigènes, les nappes de pétrole freinent de façon considérable
les échanges gazeux entre l’eau et l’atmosphère, contrarient
la pénétration et la diffusion de la lumière dans l’eau et donc
les fonctions respiratoire et photosynthétique des organismes
vivants. On a peine aussi à imaginer ce qu’il arriverait si un
puits offshore venait à échapper au contrôle des techniciens
comme cela s’est déjà produit au large de la Californie où la
tête de puits débitait directement le flot d’hydrocarbures dans
l’océan, polluant tous les rivages du golfe du Mexique.
Les collectivités humaines représentent aussi des menaces
sérieuses et permanentes pour l’équilibre biologique de la
Méditerranée et pour la santé des baigneurs au voisinage des côtes,
et le resteront tant que les municipalités et autres organismes
responsables n’épureront pas convenablement les eaux d’égouts
et n’élimineront pas impitoyablement les produits toxiques
difficilement ou pas biodégradables (détergents, insecticides,
fongicides et autres pesticides) et un grand nombre de produits
chimiques indestructibles, au premier plan desquels les métaux
et métalloïdes (mercure, cadmium, plomb, cuivre, étain, arsenic,
PCB, etc.). Il en est de même des complexes industriels riverains
qui ne devraient rejeter aucun polluant dans les rivières et
dans la mer. Or souvent, cette grande industrie s’est justement
implantée en bord de mer pour, entre autres, bénéficier de cet
égout naturel sans gros investissements! L’inventaire ne serait
pas complet sans mentionner la pollution portuaire et celle issue
des bateaux, notamment par leurs rejets directs par-dessus
bord, et par les composés hautement toxiques contenus dans les
peintures anti-salissures qui recouvrent leurs coques. Enfin, la
Méditerranée reçoit les eaux des grands fleuves (Rhône, Ebre,
Tibre, Pô, Nil), ainsi que du Danube par la mer Noire. Autrefois,
ils la fertilisaient grâce à l’apport des composés minéraux et
organiques des alluvions. Aujourd’hui, ils l’empoisonnent
en y charriant quantité de produits toxiques déversés par les
industries, les agglomérations et l’agriculture intensive.
Le bilan annuel général dressé par le PNUE (Programme des
Nations Unies pour T Environnement) est tout à fait éloquent et
sans appel:
• ? milliards de m3 d eaux d’égouts dont 70 % sont rejetés
directement sans traitement de dépollution;
• 3^0 millions de tonnes de matières solides (rejets + fleuves) ;
