Guide des fonds marins de Méditerranée
Quelques sites d'observation et de plongée du bassin non
Grotte Cosquer
Le 9 juillet 1991, Henri
Cosquer, directeur du
centre cassidain de
plongée, allait faire une
découverte d'un intérêt
archéologique exeptionnel
en pénétrant, par 37 m
de fond, dans une galerie
menant, après un parcours
de 120 m, dans une grotte
qui allait défrayer la
chronique. Cette grotte est
située près du cap Morgiou,
dans les calanques. Elle
abrite plusieurs dizaines
d'œuvres peintes et gravées
par nos lointains ancêtres,
il y a environ 19 000 à
27 000 ans ! C'est une grotte
ornée fabuleuse, unique
au monde, qui comporte la
représentation d'animaux
terrestres (chevaux, cerfs,
bisons, bouquetins) et
marins (méduses, poulpes,
poissons, phoques,
pingouins) ainsi que
l'empreinte de 55 mains
et des dizaines de signes
géométriques.
À l'époque, le climat
était très froid (présence
de pingouins) et une
grande quantité d'eau
était immobilisée sous
forme de glace. Dans les
calanques, le niveau de
la mer était 100 m plus
bas qu'actuellement et
les hommes des cavernes
pouvaient y accéder à
pied. Afin de préserver ce
joyau des calanques, mais
aussi pour des raisons
de sécurité, sa visite est
interdite et son accès
fermé par de solides
barreaux métalliques. Une
représentation de la grotte
en images de synthèse
3D a été réalisée, en
1994, par EDF et le Musée
d'histoire de Marseille.
crique, au droit d’une faille. On peut y accéder par deux entrées à
une profondeur d’environ -18 m. Les parois sont colonisées par
les peuplements caractéristiques des grottes (RCSO, GBOT). Le
plafond se signale par de belles repousses de corail qui risquent
malheureusement d’être de nouveau cueillies par des vandales,
tant que des mesures de protection efficaces ne seront pas prises.
Calanque de Morgiou
Comme sa voisine Sormiou, la calanque de Morgiou est
accessible par la terre en empruntant la route dite « du feu »,
ouverte d’octobre à mai. Les fonds sont propices à une foule
d’observations. Par petits fonds, on peut découvrir en toute
sécurité les peuplements du sable (SFHN, SIMC), l’herbier de
posidonies (HP) et ses faciès de dégradation (mattes mortes et
intermattes sableuses), la biocénose de la roche infralittorale
photophile (RIPC) et les peuplements sciaphiles superficiels
(RIPB). Plus profondément, le long des parois du versant ouest
de la calanque, on traverse de beaux peuplements sciaphiles de
la roche infralittorale et circalittorale (ASCI, RC). Sur le versant
est existe une grotte facile d’accès. Par beau temps, on peut même
y pénétrer avec une toute petite embarcation, à condition de se
coucher sur le fond pour ne pas se cogner à la roche. L’ambiance
bleue qui règne à l’intérieur fait penser à la célèbre grotte azur
de Capri. Nous l’avons d’ailleurs baptisée la grotte bleue. Les
amateurs de plongées profondes peuvent aller visiter plus loin les
tombants du cap Morgiou qui se dressent au-dessus de fonds de
-3o à -55 m. À proximité de la pointe de la Triperie se trouvent
les vestiges de trois canons, l’un à -25 m, le second à -3o m et le
troisième à -43 m, ainsi que des boulets. Ces vestiges d’artillerie
proviendraient du fort, aujourd’hui en ruine, construit en 1614
sur le promontoire voisin du cap Morgiou. Cette zone était aussi
réputée pour la présence de vestiges d’objets divers provenant
des navires naufragés qui se sont fracassés sur le cap. Il s’agit
de poteries, de jas d’ancres, etc., pour la plupart disparus.
Calanque de Sugiton et Torpilleur
On peut se rendre dans cette calanque à pied à partir du
domaine universitaire de Luminy, en empruntant un chemin
forestier. La calanque de Sugiton permet d’observer, par petits
fonds, les peuplements photophiles classiques des substrats
rocheux (RIPB, RIPC). L’îlot du Torpilleur, qui doit son nom
à sa forme évoquant un navire, comporte également de beaux
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