nombreuses espèces (éponges, algues, surtout les Rhodophycées),
fortement accrochées aux rochers, y forment un placage quasi
continu, avec de place en place des élévations correspondant à
des espèces de taille légèrement plus grande. Les algues calcaires
s’y développent avec une telle exubérance qu’elles peuvent,
dans certaines zones, non seulement recouvrir entièrement la
roche, mais aussi édifier un véritable massif poreux, contourné,
boursouflé, débordant, creusé d’innombrables cavités. Il existe
un tel foisonnement que la roche en paraît vivante, ce qui est à
l’origine de son appellation de « roche biologique ». D’autres
espèces, notamment les gorgones, peuvent former une strate
élevée qui contribue alors à entretenir ou même à accroître la
pénombre en sous-strates où se développent des organismes
encore plus sciaphiles. Sous certaines conditions écologiques,
dans les zones de contact entre la roche et les fonds détritiques, de
grandes algues calcaires rouge lie-de-vin ÇMesophyllum lichenoides
et Pseudolithophyllum expansion et cabiochae) poussent les unes sur
les autres et édifient des massifs, des corniches, des draperies qui
se couvrent d’éponges et de gorgones, constituant ainsi l’aspect
le plus spectaculaire de ce que l’on appelle le coralligène.
Par ailleurs, nous mettons en garde le lecteur contre une
interprétation trop rigide du découpage bathymétrique du
milieu marin. Il ne faudrait pas croire, en effet, qu’il existe à une
profondeur fixe une limite territoriale qui sépare, vers le haut,
l’infralittoral colonisé par les peuplements photophiles, et vers
le bas, le circalittoral occupé par les peuplements sciaphiles. La
réalité est plus complexe. En effet, l’éclairement ne dépend pas
seulement de la bathymétrie, c’est-à-dire de la tranche d’eau
traversée par la lumière, mais également d'autres facteurs.
C’est le cas, en premier lieu, de la transparence de l’eau. Une
forte turbidité naturelle ou artificielle et les déversements
polluants sont responsables de la dégradation plus rapide de la
lumière, ce qui fait remonter cette limite, parfois assez près de
la surface. La topographie est également un facteur important
qui joue le rôle d’écran vis-à-vis de l’éclairement. Cela explique
que des peuplements sciaphiles puissent apparaître dans
l’étage infralittoral où ils constituent des enclaves. C’est le
cas notamment au niveau des tombants, des surplombs, des
fissures, des crevasses, des encorbellements, des excavations,
des grottes, des couverts biologiques, etc. Suivant les travaux de
bionomie benthique de la station marine d’Endoume (Peres et
Picard, 1954, 1957 et 1964; Peres, 1961 et 1966), ces enclaves
fortement accrochées aux rochers, y forment un placage quasi
continu, avec de place en place des élévations correspondant à
des espèces de taille légèrement plus grande. Les algues calcaires
s’y développent avec une telle exubérance qu’elles peuvent,
dans certaines zones, non seulement recouvrir entièrement la
roche, mais aussi édifier un véritable massif poreux, contourné,
boursouflé, débordant, creusé d’innombrables cavités. Il existe
un tel foisonnement que la roche en paraît vivante, ce qui est à
l’origine de son appellation de « roche biologique ». D’autres
espèces, notamment les gorgones, peuvent former une strate
élevée qui contribue alors à entretenir ou même à accroître la
pénombre en sous-strates où se développent des organismes
encore plus sciaphiles. Sous certaines conditions écologiques,
dans les zones de contact entre la roche et les fonds détritiques, de
grandes algues calcaires rouge lie-de-vin ÇMesophyllum lichenoides
et Pseudolithophyllum expansion et cabiochae) poussent les unes sur
les autres et édifient des massifs, des corniches, des draperies qui
se couvrent d’éponges et de gorgones, constituant ainsi l’aspect
le plus spectaculaire de ce que l’on appelle le coralligène.
Par ailleurs, nous mettons en garde le lecteur contre une
interprétation trop rigide du découpage bathymétrique du
milieu marin. Il ne faudrait pas croire, en effet, qu’il existe à une
profondeur fixe une limite territoriale qui sépare, vers le haut,
l’infralittoral colonisé par les peuplements photophiles, et vers
le bas, le circalittoral occupé par les peuplements sciaphiles. La
réalité est plus complexe. En effet, l’éclairement ne dépend pas
seulement de la bathymétrie, c’est-à-dire de la tranche d’eau
traversée par la lumière, mais également d'autres facteurs.
C’est le cas, en premier lieu, de la transparence de l’eau. Une
forte turbidité naturelle ou artificielle et les déversements
polluants sont responsables de la dégradation plus rapide de la
lumière, ce qui fait remonter cette limite, parfois assez près de
la surface. La topographie est également un facteur important
qui joue le rôle d’écran vis-à-vis de l’éclairement. Cela explique
que des peuplements sciaphiles puissent apparaître dans
l’étage infralittoral où ils constituent des enclaves. C’est le
cas notamment au niveau des tombants, des surplombs, des
fissures, des crevasses, des encorbellements, des excavations,
des grottes, des couverts biologiques, etc. Suivant les travaux de
bionomie benthique de la station marine d’Endoume (Peres et
Picard, 1954, 1957 et 1964; Peres, 1961 et 1966), ces enclaves
