PARTIE 1 | Les enveloppes fluides externes actuelles
FOCUS
L’anthropocène
L’anthropocène serait une ère géologique dominée par l’activité humaine. Ce terme est
utilisé pour la première fois en 1922 par le géologue russe Alexei Pavlov. C’est en 2000 que
le chimiste de l’atmosphère Paul Crutzen le popularise. L’idée derrière ce terme est de
dire que l’activité humaine devient le marqueur stratigraphique majeur d’un changement
dans l’enregistrement géologique. Elle se décline sous plusieurs formes :
• changement climatique dû aux émissions carbonées ;
• destruction de la biodiversité causée par les modifications d’habitats imposés par les
humains ;
• modification des cycles géochimiques par l’extraction d’éléments chimiques pour la
production de matériaux et engrais ;
• modification des sols par leur exploitation agricole et le dépôt de déchets humains
(notamment les plastiques et les déchets radioactifs) ;
• modification de la chimie de l’océan et son acidification ;
• modifications des paysages excédant les effets de l’érosion, de l’altération et du transport sédimentaire.
La définition d’une nouvelle ère géologique est possible si des principes clairs sont
identifiés. Parmi eux, un changement environnemental planétaire doit être mis en évidence et un stratotype (un affleurement de roches/sédiments) doit être proposé comme
référence. Malgré de nombreux travaux, l’anthropocène n’existe pas en tant que période
ou étage géologique aujourd’hui. Il n’a pas été retenu en 2018. Le terme lui-même est
discuté puisque l’anthropocène se caractériserait plus par la présence de déchets, ou
des conséquences consuméristes de l’activité économique récente, que par l’existence
en elle-même d’êtres humains.
3.4 Dépôt, précipitation et bioconstruction
Le dépôt est le dernier processus enregistré avant la consolidation et la formation de
la roche. Lorsqu’il advient, la gravité a eu raison de l’entraînement par un courant.
Ainsi le rapport poids des grains/puissance de l’agent de transport (s’il y en a) est
en faveur du poids. La sédimentation procède ainsi en couches horizontales. La
présence de grains fins déposés témoigne d’un écoulement très lent. La présence
de graviers déposés témoigne d’un écoulement suffisamment lent (c’est-à-dire un
écoulement dont la vitesse est inférieure à 0,5 m • s-1 - figure 3.13). Plus les grains
sont gros, plus la distance estimée à la source est faible, un écoulement très puissant
étant souvent localisé (à quelques exceptions près, comme dans le cas des galets
entraînés par les glaciers).
Lors d un épisode de crue, on peut observer que les grains fins se déposent principalement une fois la phase de retour vers l’équilibre initial opérée. Dans un premier
temps, seuls les grains grossiers peuvent sédimenter avec l’augmentation brutale
du courant. Ainsi, 1 évolution temporelle de l’écoulement du cours d’eau produit
un dépôt qui varie : les dépôts fins succèdent aux dépôts les plus grossiers.
D autre part, dans le cas d’une rivière ou d’un fleuve, l’écoulement varie dans
1 espace comme le montre la figure 3.14. Il existe des endroits où les écoulements
sont plus rapides que d autres et favorisent donc le dépôt de grains plus grossiers.
Les observations confirment les conclusions que l’on peut tirer de la figure 3.14 :
la granulométrie sera plus fine dans la partie convexe que dans la partie concave.
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