CHAPITRE 15 • L’eau comme ressource
le déclenchement de séisme, par exemple lors de la mise en eau : en 1963 le
bai rage de Monteynard (Vercors, France), séisme de magnitude 4,9 ;
le stockage consécutif involontaire des limons peut réduire la durée de vie d’un
barrage, et diminue la fertilisation des sols en aval.
De plus il arrive que des barrages cèdent accidentellement, comme à Malpasset
dans la région de Fréjus en 1959 (barrage construit en 1954 pour l’AEP) ou plus
récemment au Laos, dans la province d’Attapeu, en juillet 2018.
Les luttes contre les grands barrages
Des mouvements sociaux de protestation se sont développés contre la construction de
nouveaux grands barrages, par exemple en Inde : voir l’emblématique vallée de la Narmadâ.
Les critiques formulées par la société civile ont conduit la Banque Mondiale à débuter
en 1995 l’évaluation de l’impact des grands barrages qu’elle avait financés. Ce type de
projet se fait souvent au détriment des populations indigènes qui sont déplacées avec
peu ou pas de compensation (voir le travail de la Commission mondiale sur les barrages).
Actuellement des projets sont toujours contestés, notamment en Amérique centrale, où
des opposants sont parfois assassinés.
6 L’exploitation de l’énergie géothermique
Plusieurs procédés existent pour exploiter le flux d’énergie thermique dissipé par
la Terre.
La géothermie de très haute température exploite des aquifères dont la température est supérieure à celle de l’ébullition de l’eau. Un forage dans un tel aquifère
produit donc de la vapeur, qui peut directement être utilisée pour faire tourner des
turbines et produire de l’électricité. La technique est dans les faits souvent plus
complexe à cause de l’eau liquide accompagnant la vapeur.
De telles températures n’existent en général que dans les régions volcaniques actives.
9 000 mégawatts (MW) électrique seraient actuellement produits de cette façon
(l’équivalent de neuf centrales nucléaires), dont 15 MW à Bouillante, en Guadeloupe
(France) (figure 15.5) et 60 MW à Krafla (Islande) (figure 15.6).
La géothermie de moyenne à haute température utilise des eaux profondes
(souvent plus de 1 000 m), chaudes mais non bouillantes, à des fins de chauffage
d’habitation et de serres, et plus rarement pour la production d électricité (en passant par un liquide secondaire à basse température d’ébullition). Ces eaux étant
très souvent concentrées en sels minéraux, elles ne peuvent être utilisées telles
quelles dans un système de chauffage sans risquer un colmatage rapide des canalisations. Un échangeur thermique est donc utilisé pour prélever la chaleur. Les eaux
refroidies sont réinjectées dans la nappe pour y maintenir la pression (la quantité
d’eau n’est donc pas affectée) et ne pas polluer des écosystèmes de surface. Seule
la température est abaissée localement. L'ensemble formé par le puits de pompage
et le puits de réinjection est appelé doublet. Ce type de géotherm.e est courant en
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le déclenchement de séisme, par exemple lors de la mise en eau : en 1963 le
bai rage de Monteynard (Vercors, France), séisme de magnitude 4,9 ;
le stockage consécutif involontaire des limons peut réduire la durée de vie d’un
barrage, et diminue la fertilisation des sols en aval.
De plus il arrive que des barrages cèdent accidentellement, comme à Malpasset
dans la région de Fréjus en 1959 (barrage construit en 1954 pour l’AEP) ou plus
récemment au Laos, dans la province d’Attapeu, en juillet 2018.
Les luttes contre les grands barrages
Des mouvements sociaux de protestation se sont développés contre la construction de
nouveaux grands barrages, par exemple en Inde : voir l’emblématique vallée de la Narmadâ.
Les critiques formulées par la société civile ont conduit la Banque Mondiale à débuter
en 1995 l’évaluation de l’impact des grands barrages qu’elle avait financés. Ce type de
projet se fait souvent au détriment des populations indigènes qui sont déplacées avec
peu ou pas de compensation (voir le travail de la Commission mondiale sur les barrages).
Actuellement des projets sont toujours contestés, notamment en Amérique centrale, où
des opposants sont parfois assassinés.
6 L’exploitation de l’énergie géothermique
Plusieurs procédés existent pour exploiter le flux d’énergie thermique dissipé par
la Terre.
La géothermie de très haute température exploite des aquifères dont la température est supérieure à celle de l’ébullition de l’eau. Un forage dans un tel aquifère
produit donc de la vapeur, qui peut directement être utilisée pour faire tourner des
turbines et produire de l’électricité. La technique est dans les faits souvent plus
complexe à cause de l’eau liquide accompagnant la vapeur.
De telles températures n’existent en général que dans les régions volcaniques actives.
9 000 mégawatts (MW) électrique seraient actuellement produits de cette façon
(l’équivalent de neuf centrales nucléaires), dont 15 MW à Bouillante, en Guadeloupe
(France) (figure 15.5) et 60 MW à Krafla (Islande) (figure 15.6).
La géothermie de moyenne à haute température utilise des eaux profondes
(souvent plus de 1 000 m), chaudes mais non bouillantes, à des fins de chauffage
d’habitation et de serres, et plus rarement pour la production d électricité (en passant par un liquide secondaire à basse température d’ébullition). Ces eaux étant
très souvent concentrées en sels minéraux, elles ne peuvent être utilisées telles
quelles dans un système de chauffage sans risquer un colmatage rapide des canalisations. Un échangeur thermique est donc utilisé pour prélever la chaleur. Les eaux
refroidies sont réinjectées dans la nappe pour y maintenir la pression (la quantité
d’eau n’est donc pas affectée) et ne pas polluer des écosystèmes de surface. Seule
la température est abaissée localement. L'ensemble formé par le puits de pompage
et le puits de réinjection est appelé doublet. Ce type de géotherm.e est courant en
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